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La pratique avancée en soins infirmiers attend toujours son décret d'application

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Pratique avancée

La loi de Santé de 2016 officialise la pratique avancée en soins infirmiers. Pourtant, le décret d'application se fait toujours attendre. Il devra préciser les missions de ces professionnels en ambulatoire et à l'hôpital. Dans le cadre du salon infirmier, la DGOS a détaillé ses pistes de réflexion... Beaucoup d'interrogations persistent. Merci à Hospimedia de partager cet article avec la communauté d'Infirmiers.com.

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La pratique avancée en soins infirmiers devrait notamment ouvrir la voie de la recherche.

L'article 119 de la loi de modernisation de notre système de santé officialise la notion de pratique avancée en soins infirmiers. Un premier pas vers un nouveau statut pour les infirmiers et qui fait l'objet de réelles attentes au sein de la profession. En témoignent les nombreuses questions posées, et quelques signes d'impatience, ce 17 mai lors d'un atelier proposé par la DGOS dans le cadre du salon infirmier et de la Paris Healthcare Week. Car, si l'article de la loi détaille la pratique avancée, le décret d'application se fait toujours attendre. Le changement de Gouvernement intervenu ce même jour présage d'un délai d'attente supplémentaire pour la profession. Pourtant les jalons sont déjà posés pour faire vivre la pratique avancée...

Des enjeux de santé publique

La pratique avancée, qu'est-ce que c'est ? Il s'agit du développement approfondi des compétences et connaissances des pratiques de soins infirmiers à un niveau avancé afin de répondre aux nouveaux enjeux de santé en pleine mutation, définit Esther Lepaicheux, chargée de mission au sein de la DGOS. L'infirmier de pratique avancée est donc un acteur intermédiaire, à mi-chemin entre l'infirmier et le médecin. Officialiser ce nouveau statut et le développer répond à plusieurs enjeux. Il s'agit notamment de répondre à une demande croissante d'accès aux soins, dans un contexte de démographie médicale en tension. Mais il s'agit aussi, pour les professionnels, de se voir proposer des carrières diversifiées et de nouvelles évolutions. Ce statut est déjà en pratique au Canada ou aux États-Unis. Il confère à l'infirmier, qui doit être titulaire d'un diplôme d'université après avoir suivi une formation spécifique, de nouvelles missions et un haut niveau de compétence pour une expertise clinique poussée. La loi de santé promulguée en janvier 2016 impose en outre une durée d'exercice minimale pour l'accès à la pratique avancée. Elle sera précisée dans le décret à venir.

La pratique avancée correspond à un exercice en équipe, qu'elle soit appliquée en établissement ou en ambulatoire. Parmi les actes envisagés, la prévention, le dépistage, des actes d'évaluation et de conclusion clinique, des actes techniques, de surveillance, la prescription d'examens complémentaires, le renouvellement ou l'adaptation de prescription. Le tout devra se dérouler avec un haut niveau d'autonomie de l'infirmier. Cette pratique est adaptée aux parcours de soins complexes du patient, explique Adeline Cancel, infirmière libérale et étudiante en master 2. Elle a détaillé lors de l'atelier de ce 17 mai la liste des missions qui pourraient être reconnues dans le cadre de la pratique avancée. Rôle de l'infirmière en consultation de première et seconde ligne, collaboration pluridisciplinaire, responsabilité éthique ou encore prévention et dépistage.

Développer le socle recherche

Sans oublier une dimension importante pour la reconnaissance de la profession : la recherche. Nous sommes 600 000 infirmiers, mais nous ne communiquons pas assez sur nos compétences. Plus nous développerons notre socle recherche, plus notre profession sera reconnue, insiste Adeline Cancel. À l'hôpital aussi, le rôle de l'infirmier en pratique avancée est très attendu. Difficile pourtant de définir pour le moment ses missions. La concertation a commencé sur le terrain pour écouter les attentes professionnelles, note Esther Lepaicheux. Et au-delà des missions, reste aussi à définir la rémunération de ces professionnels. Un sujet pour l'heure encore flou. Nous espérons la publication du décret en Conseil d'État avant la fin de l'année 2017, confie Esther Lepaicheux. C'est en tout cas un dossier prioritaire transmis par le cabinet de Marisol Touraine à la nouvelle ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn.

HospimediaClémence NAYRAC

Cet article a été publié sur HOSPIMEDIA le 17 mai 2017. Tous droits réservés 2001/2017 - HOSPIMEDIA

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Commentaires (2)

N Sanchez

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3 commentaires

#2

Et si on repensait la base ...

Bonjour,
Battons-nous déjà pour avoir une véritable filière de sciences infirmières afin d'obtenir la reconnaissance d'une vraie Licence de sciences infirmières, puis de vrais masters de sciences infirmières en anesthésie, au bloc opératoire, en pédiatrie.
Après, on pourra penser à un master en pratique avancée ... mais avec quelles spécialités ??
Cordialement

binoute1

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446 commentaires

#1

et sinon

"aux nouveaux enjeux de santé en pleine mutation" ah, parce que depuis les 2 GM, il n'y avait trop eux de mutations ou de nouveaux enjeux ? Je n'arriverai jamais à comprendre ceux qui disent que notre boulot , que la santé..."nous sommes en ce moement en pleine mutation"...

"à mi-chemin entre l'infirmier et le médecin"eh ben voilà, on y est.
Et sinon, se battre pour avoir un DEI dignement reconnu ? que TOUS les IDE en soient fiers, non ?
ah ben non.