PORTRAIT / TEMOIGNAGE

"Pourquoi nous le faisons : Le témoignage d'un infirmier "

Je suis infirmier en service de réanimation polyvalente d'un hôpital parisien. Les récentes erreurs médicales et paramédicales et la médiatisation outrancière dont elles ont fait l'objet m'ont choqué, principalement parce que nous faisons un métier difficile et méconnu de la population, où nos compétences ne sont pas reconnues à leur juste valeur, où nos responsabilités sont grandes. Le fait est qu'on ne nous entend pas, les rares fois où nous manifestons se passent dans l'indifférence générale.

infirmier interrogation

Avec les aides-soignants, les agents des services hospitaliers, les brancardiers, les kinés, et les médecins, nous infirmiers aidons vos proches à aller mieux, quel que soit leur caractère, leur âge, leur religion, leur couleur de peau...

Un soir de ras-le-bol, j'ai donc décidé d'écrire le texte suivant et de le diffuser le plus largement possible afin de rappeler aux journalistes, aux politiques et au grand public à quoi servent les infirmier(e)s et pourquoi nous faisons ce métier. "Pourquoi choisit-on de se tourner vers un métier où l'on se place quotidiennement face à la douleur, la peur, la mort ? Devenir les témoins de la maladie, de l'amputation, de l'infection, de l'hémorragie ? Tant passent dans nos lits, si peu en sortent, encore moins pleinement vivants, dotés d'un avenir et pas uniquement des vestiges d'une vie déjà résolue. Pourquoi décide-t-on que l'on va participer, chacun à son niveau, à la bataille opposant la vie à la mort, la maladie à la guérison, la souffrance à l'espoir ?

Parfois un homme, une femme passe telle une étoile filante, reliée encore à la terre par quelques fils dérisoires, ventilation mécanique, seringues électriques, une vie entière ne tenant qu'à quelques piles. Quelques heures de lutte acharnée, où l'on fait un massage cardiaque, où l'on assiste le médecin qui intube, pose un cathéter veineux central, un cathéter artériel, un cathéter de dialyse, et puis, la nature reprend ses droits; rappelle à tous que nous ne...

Prolongez gratuitement votre lecture !

Afin de vous proposer une information et des services personnalisés, certains contenus d'Infirmiers.com sont en accès limité. Identifiez-vous pour bénéficier gratuitement de l'intégralité des articles.

Se connecter
Mot de passe oublié ?

Créer mon compte

Vous n'êtes pas encore inscrit sur Infirmiers.com ? Créez votre compte en quelques clics. C'est gratuit !

M'inscrire

Publicité

Commentaires (6)

Drussette

Avatar de l'utilisateur

1 commentaires

#6

merci

merci d'avoir couché sur papier et de partager ces mots si justes.

Colinrun

Avatar de l'utilisateur

1 commentaires

#5

Mais encore

"Le fait est qu'on ne nous entend pas, les rares fois où nous manifestons se passent dans l'indifférence générale."

"Nous sommes plus de 400 000 en France. [...] Nous ne faisons jamais grève, nous ne manifestons que trop rarement pour l'amélioration de nos salaires, de nos conditions de travail, de nos horaires, et quand ça arrive, c'est dans l'indifférence générale. Nous donnons beaucoup et réclamons peu."

Oui nous donnons beaucoup et souvent avec peu ; peu de moyens techniques et humains (licenciement, baisse des embauches dans tous les paramédicaux, pour ne parler que de nous...), baisse du temps de repos (rappel sur repos, fonctionnement en flux tendus, notion d'"effectif cible", notion basé sur quoi exactement ?... Mystère), multiplications des tâches à accomplir ne concernant pas directement les soins (sur le modèle du "lean management" de toyota (!?))...

"Nous sommes, avant tout et comme vous, humains."

Oui nous sommes humains et c'est justement pour cette raison que nous devrions nous défendre et ne pas permettre que nos conditions de travail continuent à se dégrader, et qu'il faudra un moment réussir à nous faire entendre pour ne plus être complice de la dégradation constante du système de santé.

Oui nous sommes humains et c'est parce que nous le sommes qu'il faut arrêter de subir ces conditions qui chaque jour se dégrade au détriment de notre propre santé. Comment un personnel malade (dont on ne reconnais pas la souffrance) peut-t-il sereinement s'occuper de gens malade ?

On ne nous entend pas seulement parce que nous ne crions pas assez fort. Parce que nous ne tapons pas assez fort du point sur la table.

La santé est un droit, soigné est un devoir. Se faire entendre est un droit et un devoir.

chupa38

Avatar de l'utilisateur

1 commentaires

#4

bel article

Merci pour cet article.
Je vais le partager.
Bonne continuation

sarah47

Avatar de l'utilisateur

2 commentaires

#3

:)

je suis esi en 2ieme année, et votre article et juste criant de vérité! il m'a touché! merci à vous.

Ptite-Kurgette

Avatar de l'utilisateur

1 commentaires

#2

bien dit!

Trés bel article et criant de vérité!

chacha72300

Avatar de l'utilisateur

1 commentaires

#1

joli article

tres joli article, bien ecrit.
future etudiante en ifsi j'espere !! bientot oral a l'ap hp!
pour que le metier soit reconnu tel qu'il est, avec ses bons et mauvaix coté!