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Hypertension artérielle : 55 % des patients contrôlés en 2015

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Ce 16 décembre 2015 marque la Journée Nationale  de Lutte contre l'Hypertension Artérielle (HTA). L'occasion pour le Comité Français de Lutte contre l'Hypertension Artérielle (CFLHTA) de dresser un état de lieux de la prise en charge des patients, notamment en termes de surveillance de la maladie. Cette dernière devrait être facilitée par l'émergence accrue des appareils médicaux connectés.

prise de tension bras tensiomètre

Selon l'étude FLASH 2015, 44 % des hypertendus surveillent correctement leur tension artérielle via un appareil d'auto-mesure.

Même si l'objectif qui avait été fixé pour 2015 est loin d'être atteint, le suivi des patients hypertendus s'améliore progressivement. En effet, le Comité Français de Lutte contre l'Hypertension Artérielle (CFLHTA), la Société Française d’Hypertension Artérielle (SFHTA), la Société Française de Gériatrie et de Gérontologie (SFGG) et la Direction Générale de la Santé (DGS) espéraient que cette année 70 % des personnes atteintes d'hypertension soient contrôlés. Mais l'étude FLASH 2015, menée par Kantar Health à la demande du CFLHTA auprès de plus de 6 000 patients de plus de 55 ans, révèle une toute autre réalité : seuls 55 % des malades traités sont contrôlés. Cette année, nous nous sommes focalisés sur les plus de 55 ans car la moyenne d’âge des hypertendus en France est de 67 ans. Pour le contrôle de la tension artérielle, nous n’avons pas atteint l’objectif souhaité mais nous avons tout de même progressé depuis 10 ans, relativise le Docteur Bernard Vaïsse, président du CFLHTA et cardiologue à l’hôpital de la Timone, à Marseille. Et pour cause, l'auto-mesure de la tension artérielle se montre de plus en plus accessible pour les patients.

Nous sommes passés de 35 % de patients hypertendus contrôlés en 2002 à 55 % en 2015.

Auto-mesure, appareils connectés et contrôle tensionnel

Aujourd'hui, près d'un malade sur deux possède un tensiomètre et respecte « la règle des trois » pour l'auto-mesure selon les résultats de l'étude FLASH 2015. Une augmentation non des moindres puisqu'elle atteint environ 20 % en moins de dix ans. Depuis 2002, nous observons une amélioration du contrôle tensionnel (...). Nous sommes ainsi passés de 35% de patients hypertendus contrôlés en 2002 à 55% en 2015, se félicite le Professeur Xavier Girerd, cardiologue au CHU de la Pitié-Salpêtrière et trésorier du CFLHTA. Une augmentation qui devrait s'accentuer avec l'apparition progressive d'appareils de contrôle connectés. A l'avenir, de plus en plus de médecins devraient par ailleurs être en mesure de suivre les variations tensionnelles de leurs patients et d'effectuer un électrocardiogramme à distance, de connaître leurs activités durant les prises, de détecter leurs postures diurnes ou nocturnes et d'accéder aux valeurs enregistrées afin de les analyser et les partager avec un confrère spécialiste si nécessaire. Selon une enquête réalisée en décembre 2014, par l'institut Odoxa pour Orange Healthcare et la MNH, 54 % des objets connectés médicaux les plus utilisés le sont dans le cadre du suivi de l'hypertension artérielle. En outre, la majorité des patients (respectivement 72 % et 80 % sur les objets connectés grand public et médicaux), mais surtout des médecins (81 % et 91 %), estime que la santé connectée constitue une opportunité pour la qualité des soins. Toutefois, ces appareils sont loin de permettre, à eux seuls, un contrôle efficace de la maladie.

Selon une étude, 79% des Français estiment que les appareils connectés permettent un meilleur suivi médical.

Quid de l'adhésion au traitement ?

Encore cette année, l'adhésion des patients aux traitements hypertenseurs demeure insatisfaisante. Seuls 62 % d'entre-eux prennent correctement leurs médicaments en respectant la posologie et la fréquence de prise. Par ailleurs, les résultats de l'étude FLASH 2015 offrent des précisions quant à ce taux en fonction de l'âge et du sexe des malades. En effet, 67 % des femmes de plus de 55 ans adhèrent parfaitement aux traitements contre 57 % des hommes. De même, les 65-79 ans se montrent plus adhérents (65 %) que les 55-64 ans (57 %) et les plus de 79 ans (64 %). Cette préoccupante problématique nécessite donc une réflexion relationnelle et éducative. L’observance parfaite est un vrai problème dans toutes les maladies chroniques dont fait partie l’hypertension artérielle. L’observance complète passe d’abord par la relation médecin-patient et par l’éducation thérapeutique. En comprenant sa maladie, l’importance de bien suivre son traitement, le patient adhérera plus facilement au traitement et sera davantage observant. En augmentant l’observance complète et en associant les bons médicaments tout en conservant une bonne hygiène de vie, le patient hypertendu peut améliorer son contrôle tensionnel, insiste le Dr Bernard Vaïsse. Il apparaît donc que l'objectif initialement prévu en 2015, soit 70 % d'hypertendus contrôlés, ne pourrait être atteint, à court terme, qu'en associant un suivi efficace des patients à une adhésion parfaite aux traitements.

En comprenant sa maladie, l’importance de bien suivre son traitement, le patient adhérera plus facilement au traitement et sera davantage observant.

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Gwen HIGHT  Journaliste Infirmiers.comgwenaelle.hight@infirmiers.com@gwenhight