CADRE

annales cadres paris 2006 2

Béance morale et omnipotence réglementaire

Le terme « morale » semble avoir été relégué aux antipodes du discours contemporain ; il apparaît dorénavant désuet, vieillot, chargé d'une connotation négative. L'homme contemporain fuit les cadres trop stricts, les discours moralisateurs et ne supporte plus « qu'on lui fasse la morale ». Le discours des années 1960, caractérisé par une volonté de vivre pleinement, de s'émanciper par rapport à l'autorité, aux interdits, aux vieilles règles qui structuraient la société, s'est acharné sur « la vieille morale ». Synonyme de soumission, de discipline, de rigueur, de travail (on a parlé pendant longtemps en France d'une morale républicaine, en Angleterre d'une morale victorienne), elle a été critiquée, conspuée car trop étroitement liée à un certain ordre social établi, voulu et maintenu par les classes dirigeantes et les élites de l'époque et par le conformisme qu'elle induisait, A l'heure actuelle, la morale telle qu'on l'entend dans le sens commun semble s'être vidée d'une partie de son contenu. L'obligation morale, le dur impératif catégorique et les exigences que ce dernier induit, la loi que l'on se donne et à laquelle on se soumet librement telle qu'elle a été formalisée par E. Kant apparaît bien éloignée des préoccupations immédiates de l'homme contemporain, « post moderne ».

L'individu souverain

 La post-modernité est cette ère nouvelle des temps démocratiques qui a consacré la notion d'un individu souverain tel que l'avait prédit Nietzsche la fin du XIXe siècle, un individu tourné vers lui-même, narcissique, soucieux de son bien être physique et moral, de son confort, des droits dont il entend se prévaloir (droit à la santé, droit à la vie, droit d'avoir des enfants, droit à mourir « dignement », etc.) et dont les intérêts ne coïncident pas nécessairement avec ceux de la collectivité. (...)

 Il faudrait comme le dit A. Etchegoyen, parler « d'éthiques » en raison de ce caractère pluriel, valable localement en fonction de situations définies (éthique des affaires, éthique du management, bioéthique, etc.) ; ces éthiques appliquées ont des contours beaucoup plus flous, un caractère moins exigeant, moins catégorique et donc plus adaptable à la complexité de notre monde en mouvement perpétuel, à la pluralité des opinions et aux différents questionnements...

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