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Entrée en Ifsi en 2019 : le ton monte lors des Journées du Cefiec

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Formation en ifsi

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Le recrutement des étudiants infirmiers se fera donc, à partir de la rentrée 2019, à partir de la plateforme Parcoursup. C’est ce qu’a confirmé Stéphane Le Bouler, qui conduit la Mission sur l’universitarisation des formations lors de la première journée du congrès du CEFIEC 2018. Mais certains items ont fait réagir la salle, qui a inondé l’orateur de questions et de remarques, si bien que la Présidente Martine Sommelette a dû intervenir.

La première journée du congrès du Comité d’Entente des Formations Infirmière et Cadre (CEFIEC) 2018 a fait l’objet d’une tribune très attendue par l’assistance au sujet du processus d’universitarisation des formations paramédicales.

Une longue explication du processus de recrutement des étudiants en IFSI

infirmière pointe le stylo

ParcourSup, recrutement, prépas, oral de sélection... des zones d'ombre sur l'universitarisation des professions de santé et notamment des infirmiers demeurent...

La Présidente du CEFIEC Martine Sommelette, était entourée d’un parterre de personnalités, dont la plus attendue était Stéphane Le Bouler, le responsable de la Mission interministérielle sur l’universitarisation des formations paramédicales. Ce dernier avait la charge, en préambule au débat, de faire un point sur les travaux en cours pour la mise en place de ce processus qui impactera l’ensemble des formateurs aux métiers paramédicaux. Parmi les différents chantiers sur lesquels la Mission travaille, l’admission des étudiants dans les IFSI a fait l’objet d’une longue présentation de sa part. Il a décrit une première série de travaux sur l’économie générale du système d’admission, qui ont instauré, dans le cadre de la loi mars 2018 relative à l’orientation et à la réussite des étudiants (ORE), l’utilisation de la plateforme Parcoursup, le dispositif destiné à s’étendre à tous les diplômes de l’enseignement supérieur, pour le recrutement des étudiants infirmiers.

La fin du concours d’entrée et des « prépas »

Il a ainsi rappelé que certaines de formations paramédicales, devraient rejoindre Parcoursup à échéance du 1er janvier 2019. Ce processus acte donc la fin du concours d’entrée en IFSI. En pratique, les candidats potentiels formuleront leurs vœux en 2019, soit un seul vœux (IFSI) auprès de plusieurs instituts (sous-vœux). Au premier trimestre 2019, les candidats formuleront leur lettre de motivation et les équipes d’accueil des IFSI prendront la main sur l’examen des dossiers. Quant à la réponse qui leur sera donnée, elle dépendra de l’aspect sélectif, ou non, de la filière. En tout état de cause, elle sera soit positive, soit « oui,si », auquel cas il sera demandé une mise à niveau à l’étudiant. Stéphane Le Bouler a, sur ce point, indiqué que le suivi d’une « prépa » pourrait faire office de mise à niveau, voire de certificat de connaissances qui serait pris en compte dans l’étude de son dossier. Mais il a affirmé que ces « prépas » étaient également appelées à très vite disparaître, ce qui sonne comme une rupture pour les formations paramédicales.

Un processus qui ne devrait pas dégrader la qualité des candidats

À ceux qui s’émouvaient, dans l’assistance, du manque de sélectivité d’un tel processus de recrutement, il a affirmé qu’il ne s’agissait pas de dégrader la qualité des candidats, mais plutôt de donner de l’attractivité au métier. Laissons lui la responsabilité de cette réponse, qui n’a convaincu pas grand monde dans l’instant. Il a renchéri en disant que plus y a de formations dans la plateforme Parcousup, meilleure est sa performance. Le périmètre des candidatures s’étendra aux bacheliers et anciens bacheliers, la réflexion au sein des groupes de travail étant encore en cours concernant les professionnels en reconversion non bacheliers comme les aides-soignants et les auxiliaires de puériculture. Puis, c’est une avalanche de questions qui s’est abattue sur lui, dont une évoquant la suppression de l’entretien de l’étudiant lors du processus de recrutement.

La suppression des entretiens de sélection, un caillou dans la chaussure du CEFIEC

Stéphane Le Bouler rétorqua alors que cette question avait été débattue lors des premiers groupes de travail auxquels assistaient les représentants des professionnels, dont le CEFIEC, mais avait été abandonnée par ces mêmes représentants lors des réunions suivantes, malgré ses relances. Un certain malaise a alors parcouru l’assistance : comment ont-ils pu passer sous silence cet épisode de sélection si important pour évaluer les motivations et les connaissances des candidats ?, a-t-on pu entendre dans les travées du Palais de la musique et des congrès de Strasbourg. Et alors que les demandes de prise de parole s’intensifiaient, que la tension montait d’un cran et que la session du matin finissait avec une heure de retard, la Présidente Martine Sommelette prit les choses en main. Elle proposa de recueillir par écrit, sur le stand du CEFIEC lors des pauses, les différents points de divergence et les demandes d’explications, promettant qu’ils seraient pris en compte lors des prochaines réunions de la Mission.

Nous remarquions récemment que le CEFIEC semblait s’être un peu éloigné du terrain ces derniers temps. Ce mercredi 6 juin, c’est le terrain qui l’a rattrapé et lui a rappelé l’une de ses missions, celle du bottom-up des retours d’expériences. Nous remercions en tout cas Martine Sommelette pour sa décision et pour sa réactivité pertinente lors de cet épisode. Les personnes de qualité savent toujours se remettre en cause au bon moment…

Les étudiants en soins infirmiers attachés à leur formation actuelle...

A l'occasion des 73èmes Journées Nationales d'Etudes du CEFIEC, les résultats d'une enquête menée auprès des étudiants sur l'intégration à l'université des formations en santé et notamment celle des soins infirmiers a été présenté. 21 % des étudiants de 2ème année, répartis dans les 331 IFSI adhérents au CEFIEC, ont répondu à l'enquête qui s'est déroulée du 15 mars au 7 mai 2018. Paradoxalement, malgré des conditions de travail dégradées, plus de 80% des étudiants sondés considèrent la profession comme attractive avec de véritables perspectives d'évolutions professionnelles. Concernant la sélection, ils sont encore 68% à souhaiter préserver la sélection par concours. 50% des étudiants considèrent leurs conditions d'apprentissage équivalentes aux autres formations universitaires. Notamment pour l'accès aux bourses où 61% des sondés indiquent un accès équivalent voire meilleur à celui des autres étudiants. Les conditions d'apprentissage en IFSI et en stages sont satisfaisantes à très satisfaisantes pour 75 à 80 % et 2/3 des étudiants insistent pour la professionnalisation co-construite avec les cadres de santé formateurs et l'encadrement des professionnels infirmiers. A 80 %, ils plébiscitent le suivi pédagogique individuel. Le passage complet à l'université reste source de questionnement sur la qualité professionnelle de la formation mais il permettrait selon les étudiants de développer la recherche en soins infirmiers. L'enquête révèle également l'importance de préserver un maillage territorial tel que proposé aujourd'hui : 91 % souhaitent le maintien de la localisation actuelle des lieux d'enseignement.

Rédaction Infirmiers.com

Bruno BenqueRédacteur en chef www.cadredesante.com  bruno.benque@cadredesante.com @bbenk34

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Commentaires (7)

Bernadette Fabregas

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254 commentaires

#7

Il nous faut attendre de nouvelles précisions..

La question des reconversions professionnelles mais aussi de l'accès aux études infirmières pour les aides-soignants ou auxiliaires puéricultrice n'est pas actée... Nous attendons des précisions et donc des conclusions issues des différents groupes de travail qui planchent sur ce sujet... Nous devrions être fixés dès la rentrée... nous l'espérons en tout cas, pour vous, comme pour nous.

Estelle Ballage

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#6

Reconversion

Bonsoir à tous,
Je rebondis sur ce que disaient Sardge et Will :
J'ai 31 ans et je suis assistante commerciale, je comptais passer le concours pour la rentrée de 2019.
Quelqu'un a trouvé des infos à propos de la reconversion professionnelle des personnes qui n'ont plus 20 ans ??

Will56150

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#5

Parcoursup

La question que je me pose au sujet de parcoursup est sur le recrutement de candidats soit en reconversion professionnelle ou issus d'une filière totalement opposée. Ne seront il pas désavantagé par rapport aux autres candidats issu des filières scientifiques et sociales ?
J'ai peur que le choix ne se fasse uniquement par rapport au parcours et mette de côté la motivation et les qualités humaines indispensables à ce métier !
Issus d'une formation pro ( mécanique) utiliser l'outil parcoursup ne m'aurait pas permis d'entrée à l'ifsi sil avait été utilisé il y a 10 ans et encore moins d'être la ou jen suis aujourd'hui ( école d'iade a la rentrée ?)
Bref j'espère que tout le monde sera sur un pied d'égalité.

camkehr

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#4

Une sélection à l'image de la situation dégradée

L'entretien oral était la pierre d'angle du recrutement des futurs professionnels de santé. Les tests psychotechniques demandaient un minimum d'effort de concentration et de réflexion pour prétendre passer la première étape de sélection.

Maintenant tout est informatisé, dématérialisé, comme tout le reste. Et dire que le gouvernement ose déclamer qu'il accepte la différence alors qu'il polisse tout, qu'il uniformise toutes les formations ? Non, les formations ne sont pas égales entre elles. Etre infirmier, ce n'est pas qu'un simple voeu post-bac, et encore moins avec la situation actuellement dégradée du métier.

L'Etat se préoccuperait-il tellement des futurs professionnels de santé qui soigneront sa population bien-aimée qu'il dénivelle l'entrée en formation des jeunes ? Où va-t-on ?

C'est "l'universalisation" de la formation comme ces cerveaux appellent cette fameuse réforme ?

En quoi une lettre de motivation a de la valeur ? C'est tellement plus simple de se cacher (ou s'abrutir) derrière un écran pour pondre un copier-coller impersonnel sur ses soit-disantes motivations à intégrer la formation ? Les formateurs (ou recruteurs ?) ne devront se baser que sur la rédaction d'une vingtaine de ligne, rédigée par une personne qu'ils ne verront sans doute jamais, sans avoir la possibilité de rebondir sur ce que Mr ou Mme X a tenté d'exprimer.


Quelle réforme des plus ingénieuses.... Le peuple français n'a pas fini d'être surpris. C'est pour quand la VAE infirmier ?

Allo?_pital_?

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#3

Dur, Dur les étudiants IDE... et c'est pas fini (au vu des réformes successives)) !

Les réformes successives de la formation infirmière ont dézingué le métier. Pour les jeunes diplômés hors la composante personnelle, c'est quitte ou double sur la formation. Tout dépend si vous tombez sur des formateurs motivés et bienveillant dans votre IFSI et sur vos lieux de stage, assez pour vous apprendre le métier dans ce compagnonnage de 3 années. Beaucoup sortent très limite au niveau des connaissances et de la pratique, ce qui majore d'autant plus le stress... et une fois diplômé, vous n’êtes plus des étudiants mais des professionnels... prompt à prendre le poste et ses fonctions.

Nous sommes des petits soldats au mieux, sinon des pions à placer pour compléter les plannings... on ne vous demande surtout pas de réfléchir. Faites le job, avec le sourire (quoi qu'il arrive), partez à l'heure... pourvu que les statistiques et les petits camembert que votre chef affectionne soient tous au vert...

Le doublage des premiers jours est de moins en moins répandu au vu des conditions de travail dans les services. Rare sont les collègues qui sont encore motivé pour encadrer la énième nouvelle et vous expliquer, vous décortiquer dans le détails les bases du métier, les surveillances, les soins, les traitements,... surtout si le service est lourds. La cadre vous recevra pour vous faire le bla bla habituel puis disparaîtra en réunion toute la semaine...

Le "profil" des infirmières n'est donc pas anodin et une sélection (au moins un long oral qui explore les motivations et la connaissance du métier et des thèmes sanitaire et sociaux) doit selon moi s’opérer afin d’éviter quelques catastrophe personnelle et professionnelle. Savoir où ont met les pieds, avoir réfléchit sur son futur métier et le faire pour de bonnes raisons est un minimum vital... Sinon l'on va vers de nombreux abandons en cours de formation et une durée de vie professionnelle des futurs diplômés encore plus courte.

ESI-Averti.e

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#2

On ne va plus payer sa place en IFSI!

Oulaaaaa,
Va falloir expliquer aux congressistes du CEFIEC que Stephane Le Bouler n'est pas le décideur politique dans l'affaire : il est chargé du dossier pour les 2 ministères. Ca ne sert à rien de le huer voyons ^^

Mais peut être que cette indignation était en fait tourner vers le Bureau National du CEFIEC qui semble prendre des libertés en groupe de travail... Alors... problème de communication interne ?

En tout cas : le concours c'est has been, ça va faire du bien ce changement.
Ma seule crainte c'est que les IFSI s'imaginent faire payer des frais de dossiers supplémentaires pour les postulants.
Oubliez direct ;-)

Sardge

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#1

La Reconversion

Bonjour, a la suite de l'article et un petit coup de fil a la CEFIEC ont peut dire que le cas des reconversions pro pose problème ! Est ce qu'elle seront encore possible avec la reforme ??

Cordialement Julien.M