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L’association SPS lance "le care des territoires oubliés"

L'association Soins aux professionnels en santé (SPS), qui rassemble un groupe d’experts souhaitant « partager et défendre la santé des professionnels de santé rendus vulnérables », a dévoilé, le 14 mars dernier, la création de la mission « care des territoires oubliés ». Cette initiative, qui devrait concerner 50 territoires ruraux « oubliés »1 partenaires, formant  « une nouvelle région de France », vise à accompagner les professionnels de santé en milieu rural afin d’améliorer leur qualité de vie.

Isolement campagne

La mise en œuvre de cette nouvelle mission SPS passe par la constitution d’une communauté de 50 territoires ruraux oubliés (« la 14e région française métropolitaine »)

Isolement, surcharge de travail, environnement difficile… 39% des professionnels de santé établis en milieu rural déclarent avoir présenté des idées suicidaires du fait de leur travail au cours de leur carrière, selon une étude réalisée en novembre 2017 (étude Stéthos pour SPS). L’an prochain, il est probable que les chiffres atteignent 1 soignant sur 2. L’association SPS est partie de ce constat pour lancer une mission, le « care des territoires oubliés ». L’idée ? Mettre en œuvre un nouveau modèle de coopération et de coordination qui permettra d’apporter dans les territoires oubliés les actes et avis médicaux physiques et virtuels ainsi que les experts attendus depuis 10 ans, et ce, grâce d’une part à la e-santé et d’autre part, à l’intelligence artificielle.

Un professionnel de santé en souffrance, ce sont des patients moins bien pris en charge, avec des délais plus longs et une moindre qualité des soins. Ce phénomène est encore plus marqué dans les déserts médicaux.

L’objectif est d’activer tous les leviers qui permettront de mettre en place le projet et le faire monter en puissance pour le rendre opérationnel courant 2018.

Les quatre niveaux du « Care des territoires oubliés » 

Le « care des territoires oubliés » va s’articuler autour de quatre axes  :

  • Une plateforme nationale de recueil de données e-santé, d’analyse de ces données par l’intelligence artificielle, de coordination des dossiers décompensés avec ses coordinateurs,

    Il s’agit d’une plateforme unique pour tous les patients, filtre les données objectives (tension artérielle, poids, hémoglucotest, chute, mouvements…) et subjectives (plaintes provenant des patients eux-mêmes ou des acteurs de terrain, aidants, auxiliaires de vie, ambulanciers, HAD, téléassistance, résidences services seniors…), les demandes connectées des professionnels. Elle les répartit en « aiguës » ou « chroniques » et les classe.

  • Les praticiens en santé locaux, des élus et des citoyens,
  • La mobilité médicale (unités mobiles de professionnels de santé assurant des consultations et visites physiques)

    L’idée ? Mettre en œuvre des unités mobiles de professionnels (médecins, infirmiers, psychologues, dermatologues) agissant seuls ou en interprofessionalité (en équipes, dans des trains ou des bus...). Les acteurs pressentis pour cette mobilité sont : les jeunes étudiants en santé en service national, pour la prévention ; les remplaçants, les retraités et les médecins installés désireux de sortir de leurs cabinets, pour le soin.

  • L’évaluation pertinente.

Quel financement pour « le care des territoires oubliés » ?

La mise en œuvre de cette nouvelle mission SPS passe par la constitution d’une communauté de 50 territoires ruraux oubliés (« la 14e région française métropolitaine »), précise le communiqué de l’association.

Ces 50 territoires devront accepter de financer une partie du projet et d’inscrire – par territoire – un nombre déterminé de patients lourds et chroniques et/ou handicapés sur le réseau de surveillance. Cette action des 50 territoires permettra de créer un fond financier suffisant pour motiver la créativité des 60 acteurs à l’origine de la plateforme, en cours de conception. L’association SPS appelle ainsi toutes les structures impliquées et motivées par la mise en œuvre de ce projet à devenir partenaires : mairies, départements, présidences de région, caisses primaires d’assurance maladie, mutuelles, fondations, pouvoirs publics régionaux, ministères, caisse nationale d’assurance maladie...

Note

  1. Les territoires « oubliés » en France : sont considérés comme déserts médicaux les espaces où le nombre de médecins pour 100 000 habitants est estimé faible. La moyenne française est d’environ 300 médecins en activité pour 100 000 habitants. Il n’y a pas de baisse de nombre de médecins en France mais une évolution de leur répartition et une baisse globale du temps offert : le nombre de médecins pour 100 000 habitants atteint 798 à Paris mais seulement 180 dans le département de l’Eure. La carte des déserts médicaux fait état d’une répartition de ces zones plutôt septentrionales, rurales et périurbaines. Les banlieues, contrairement à ce qui est parfois écrit, sont plutôt moins concernées que les périphéries urbaines plus lointaines. Selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), environ 8% de la population se situe dans un désert médical en 2017 (soit 5,3 millions d’habitant.e.s).
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Journaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

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