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Le bien-être au travail des libéraux, nouvelle priorité de Marisol Touraine

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Médecin

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Le second volet de la stratégie nationale d'amélioration de la qualité de vie au travail a été présenté par Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, le mardi 22 mars 2017. Consacré aux professionnels exerçant en ambulatoire, il vise à répondre aux spécificités des conditions d'exercice des libéraux et s'articule notamment autour de la sécurité et de la souffrance au travail.

La stratégie nationale d'amélioration de la qualité de vie au travail consacrée aux professionnels libéraux a notamment pour objectif de rendre leur exercice plus sûr.

Afin d'améliorer la qualité de vie au travail des professionnels exerçant en ambulatoire, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé a présenté le second volet de sa stratégie nationale "Prendre soin de ceux qui nous soignent". Rappelons que le premier volet, lancé en décembre 2016 cible les soignants exerçant au sein des établissements sanitaires et médico-sociaux et s'intéresse particulièrement aux risques psychosociaux et aux politiques sociales. Les professionnels qui exercent en ville sont des acteurs incontournables de la transformation de notre système de santé, leur responsabilité dans le déploiement de politiques de prévention et dans l'accompagnement du virage ambulatoire est majeure. Leur rôle dans le maintien du lien social l'est tout autant, estime la ministre de la santé. Les professionnels en ambulatoire, qui représentent 95% des libéraux, ont des attentes, des inquiétudes, qui sont légitimes et qu'il faut entendre. Au premier rang d'entre elles, il y a celle de disposer de conditions d'exercice permettant de travailler sereinement, en tout sécurité et sans épuisement psychologique.

Combattre l'insécurité et l'épuisement psychologique

En vue de répondre aux besoins spécifiques des professionnels exerçant en ambulatoire, trois axes prioritaires ont été définis. Il s'agit, premièrement, d'améliorer les conditions d'exercice. Pour ce faire, la dimension ambulatoire sera intégrée à la mission nationale qualité de vie au travail et des orientations stratégiques spécifiques seront proposées. La ministre entend également poursuivre le soutien au développement de l'exercice coordonné de manière à rompre l'isolement et favoriser la qualité de vie au travail. Les formations initiales (développement de bonnes pratiques, gestion du stress, des risques spécifiques à chaque profession dont la sécurité et moyens de prévention) et continues (conseils sur les mesures de sécurité dans la pratique professionnelle, gestion des situations de tension, résolution non violente des conflits, ainsi que prévention, détection et prise en charge de l'épuisement professionnel) seront complétées et adaptées pour favoriser la mise en en place de pratiques contribuant au bien-être au travail. Par ailleurs, Marisol Touraine souhaite améliorer la prévention et le suivi médical des professionnels de santé exerçant en ambulatoire. Les démarches pour la prise en charge des accidents d'exposition au sang (AES) devraient ainsi être simplifiées. 

Les professionnels en ambulatoire, qui représentent 95% des libéraux, ont des attentes, des inquiétudes, qui sont légitimes et qu'il faut entendre. Au premier rang d'entre elles, il y a celle de disposer de conditions d'exercice permettant de travailler sereinement, en tout sécurité et sans épuisement psychologique.

Le second axe est consacré à la sécurité des soignants. L'une des principales attentes des professionnels de santé aujourd'hui est de travailler en sécurité. Que des soignants soient mis en danger dans le cadre de leur travail, c'est inacceptable et intolérable, souligne Marisol Touraine. Concrètement, une campagne de communication sera diffusée pour sensibiliser le grand public au respect dû aux professionnels de santé (politesse, non-violence verbale et physique...). De plus, les accords "santé-sécurité-justice" seront renforcés. Ils permettent notamment la désignation d'un référent santé au sein des commissariats et des gendarmeries, la mise en place de procédures d'alarme et de vidéo-protection, la facilitation du dépôt de plainte en cas d'actes de malveillance ou d'agression, l'amélioration de l'information sur les suites données à la plainte. La stratégie prévoit en outre de diffuser et généraliser les bonnes pratiques en matière de sécurité des soignants au travers notamment d'un guide dédié et d'une campagne de communication. 

Enfin, le troisième axe vise à améliorer la détection des risques psychosociaux et l'accompagnement des professionnels. Cela passera par la mise en place d'une communication forte en direction des soignants sur l'épuisement professionnels et les dispositifs de soutien disponibles selon Marisol Touraine. Les soignants seront ainsi informés sur les aides disponibles, l'auto-détection de l'épuisement professionnel et sur l'approche d'un collègue repéré comme étant en difficultés professionnelles. Il faut faire tomber les tabous et libérer la parole, martèle la ministre. Par ailleurs, un dispositif d'écoute téléphonique accessible par un numéro facile à identifier et à contacter devrait être mis en place, à la suite du recensement des initiatives existantes en la matière. Enfin, les formations universitaires sur le thème "Soigner les soignants", à l'instar du diplôme universitaire mis en place par Paris-Diderot et Toulouse, devraient être amenées à se développer.

L'objectif du second volet de cette stratégie nationale est de valoriser, de partager et de généraliser les bonnes pratiques en coopération avec les organisations ordinales, professionnelles et syndicales.

Comme l'a précisé Marisol Touraine, les initiatives sont nombreuses, parfois éparpillées ou insuffisamment connues : l'objectif de la stratégie nationale est de leur donner un cadre, de les valoriser, de partager de nouvelles solution et de généraliser ces bonnes pratiques. La stratégie présentée est ainsi le fruit d'échanges avec l'ensemble des représentants des professionnels concernés et des experts de la qualité de vie au travail. Florence Ambrosino, représentante de l'ANFIIDE sur le volet libéral lors de l'audition, en octobre dernier, de plusieurs représentants infirmiers par l'Assemblée nationale sur l'épuisement professionnel, indique que plusieurs propositions que nous avons émises lors de cette audition ont été reprises. L'ANFIIDE s'en réjouit ! C'est une belle victoire pour les infirmiers libéraux

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Aurélie TRENTESSE Journaliste Infirmiers.com aurelie.trentesse@infirmiers.com @ATrentesse 

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