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« J'ai pris conscience que j'allais mourir »

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Une infirmière libérale a violemment été agressée le 16 avril 2015 par l'un de ses patients qu'elle connaît depuis 40 ans. La communauté infirmière est en émoi, et soulignons que Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, n'est cette fois pas restée silencieuse.

Une infirmière libérale agressée violemment témoigne...

Mise à jour du 23 avril 2015

Dans un communiqué de presse, Patrick Surtel, président de l'Ordre des infirmiers des Côtes d'Armor, indique avoir proposé à l'infirmière son appui dans ses démarches juridiques. Il précise que l’infirmière a accepté la proposition du Conseil interdépartemental de l’Ordre qui lui a recommandé de porter plainte et qui se constitue lui-même partie civile. Une agression qui illustre malheureusement une situation récurrente contre laquelle l’Ordre lutte activement.

Rappel des faits

J'ai pris conscience que j'allais mourir, témoigne Marie-Françoise, infirmière libérale dans les Côtes d'Armor, violemment agressée le jeudi 16 avril 2015 par l'un de ses patients. Elle explique ainsi avoir repoussé les avances de ce dernier, un agriculteur qu'elle connaît depuis 40 ans. En guise de réponse, l'homme s'est jeté sur elle. Il a voulu me toucher au niveau de la poitrine et je l'ai repoussé. Il m'a prise par les cheveux, m'a traînée dehors et m'a jetée sur le sol. Il m'a secouée, m'a projetée sur sa voiture, m'a rouée de coups. Il est tombé sur moi et m'a fracassée la tête au sol en me tenant par les cheveux. Il a pris de la terre et me l'a mise dans la bouche, se remémore Marie-Françoise sur RTL. Face à ces actes de violence, la communauté infirmière est scandalisée et ne manque pas de témoigner son soutien à Marie-Françoise. Gisèle souligne que plus personne n'est à l'abri et pourtant personne ne s'en inquiéte. De son côté, Nès demande la mise en palce d'actions concrètes pour mettre fin à ces agressions : les agresseurs devrait être bannis de la sécurité sociale, plus de soins lorsqu'ils seront malades.... Si Marie-Françoise est hors de danger, elle a tout de même été hospitalisée pour des traumatismes crânien, facial, thoracique et abdominal et une entorse de la cheville. Dix jours d'incapacité totale de travail (ITT) lui ont été prescrits, sans oublier les dommages psychologiques subis... Ce récit n'est pas sans rappeler celui de Janine Blazin, une infirmière libérale victime elle aussi d'une violence agression. Une expérience douloureuse qu'elle a malgré tout accepté de raconter durant les Journées nationales des infirmiers libéraux.

Dans un communiqué de presse daté du 21 avril 2015, la Fédération Nationale des Infirmiers (FNI) s'est également indignée et se dit choquée de cette agression particulièrement sauvage. Elle indique aussi être révoltée par la façon indigne dont les forces de l’ordre ont accompli leur mission de police et de secours. En effet, au lieu de recevoir l’accueil que toute victime est en droit d’attendre, les gendarmes ont indiqué à Marie-Françoise qu’elle devait d’abord faire appel aux pompiers et ont refusé de lui ouvrir leur porte avant leur arrivée. La FNI a décidé de porter plainte auprès du procureur de la République afin de se constituer partie civile et souhaite que des dispositions soient prises pour assurer la sécurité des infirmières libérales.

Marisol Touraine exprime son soutien

Marisol Touraine, ministre de la Santé, a exprimé son soutien à Marie-Françoise dans un communiqué de presse, le 21 avril 2015. En effet, elle condamne avec la plus grande fermeté l’agression d'une professionnelle dans l’exercice de ses fonctions et tient à exprimer sa profonde reconnaissance à l’ensemble des professionnels de santé pour le travail remarquable qu’ils accomplissent chaque jour, dans des conditions parfois difficiles, au service de leurs patients. Rappelons que la ministre se montre d'ordinaire beaucoup moins locace lors de la survenue de ces événements tragiques. Cependant, c'est la seconde fois cette année que Marisol Touraine témoigne son soutien à la profession infirmière. Les infirmiers, et leur exercice particulièrement délicat, seraient-ils enfin reconnus ?

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Aurélie TRENTESSE Journaliste aurelie.trentesse@infirmiers.com @ATrentesse

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Commentaires (2)

druna11

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5 commentaires

#2

OUI MAIS...

oui c est sur j ai bossé en psy pendant plusieurs années…mais j 'étais pas seule comme maintenant en libéral…. depuis 10 ans on m'a déjà suivi, ou accosté plusieurs fois…aussi j ai ce qui faut dans ma voiture et je pense que en ville il faut prendre des cours d'auto défense, en campagne il va aussi falloir y penser dans les années à venir…..

eusèbe

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501 commentaires

#1

Ajoût.

Et la violence est aussi très présente en institution, les soignants salariés sont aussi régulièrement agressés.