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En vidéo - "Il y a urgence aux urgences mais aussi à l'hôpital !"

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Exercer dans le privé

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Ils ne lâchent rien et ils le font savoir une nouvelle fois aujourd'hui. Les personnels des urgences sont à bout et, bien que des mesures aient été annoncées par Agnès Buzyn, ils sont déterminés à se faire entendre un peu plus chaque jour afin de "maintenir la pression". Désarroi et colère face à des conditions de travail inacceptables tant pour les patients qu'ils accueillent que pour eux-mêmes. Désespérance à devoir soigner comme ils n'ont pas appris à le faire, en négligeant l'approche humaniste qui constitue toute la richesse du soin, en bafouant leurs valeurs. A l'appel de l’intersyndicale CGT-SUD-FO et du Collectif Inter Urgences, ils étaient plusieurs centaines à défiler à Paris avec un slogan principal : "On n'est pas des robots". Dans une ambiance bon enfant, la manifestation n'a pas manqué de créativité pour l'expliciter : costumes, pancartes, slogans, happenings... Ces robots-là avaient du coeur à l'ouvrage pour scander le message principal : "maintenant, ça suffit !".

Mise à jour du 4 juillet 2019 - Selon le collectif Inter-Urgences, la mobilisation continue : Nous continuons à sensibiliser l'opinion publique à travers des actions, médiatiques ou non pour traduire notre désespoir et seront mobilisés tout l'été...

Une manifestion parisienne qui draine plusieurs centaines de professionnels des urgences

Après des mois de mobilisation, une crise qui fait tâche d'huile avec quelque 154 services d'urgence en grève par-delà le pays, les professionnels du secteur, soutenus par les Français, ne veulent rien lâcher et tout faire afin que la pression sur les tutelles ne retombe pas. Les 70 millions mis sur la table par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, ne suffisent pas. Pour le Collectif Inter-Urgences, ces effets d'annonce ne règlent pas le problème immédiat des urgences. Secteur peu attractif au vu des conditions de travail, violences récurrentes, soumis à un turn-over catastrophique : les paramédicaux craquent une bonne fois pour toute. L'heure n'est plus aux mesures palliatives, mais à de vraies actions efficaces, menant à la sécurité et à la qualité dans les soins prodigués aux patients : recrutement de 10 000 paramédicaux pour les urgences, revalorisation salariale de 300€ net mensuels reconnaissant la spécificité du travail aux urgences, zéro "hospitalisations brancard" et aussi : arrêt de la fermeture des lignes de SMUR, régularisation des emplois précaires, accès aux formations... Venus de toute la France, plusieurs centaines de manifestants s'étaient donc donnés rendez-vous devant le ministère de l'Economie et des Finances, à Bercy, en direction de celui de la Santé, avenue de Ségur, où une délégation espérait être reçue.

En direct de la manifestation parisienne

Si vous ne lisez pas la vidéo, rendez-vous sur youtube !

Un député passe une nuit aux urgences "incognito" une expérience qui vaut tous les rapports du monde !

Des avancées concrètes... oui mais...

urgences soignants manifHier, 1er juillet, prenait pourtant effet une indemnité forfaitaire de risque d'un montant de 100 € nets mensuels pour chaque professionnel des urgences (infirmiers, aides-soignants, brancardiers, administratifs...) promise par Agnès Buzyn. La minstre le rappelle : cet accompagnement financier et les réflexions en cours, traduisent de manière forte le soutien du Gouvernement apporté aux équipes hospitalières impliquées au quotidien et en première ligne dans la prise en charge de nos concitoyens. De son côté, Martin Hirsch, directeur général de l'AP-HP, assurait sur BFM TV prendre "très au sérieux" la crise des urgences qui s'intensifie ces dernières semaines. On est dans une situation où on a conscience, les uns les autres, qu'il faut changer, soutenir, accompagner et apporter des réponses. L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a ainsi offert de créer 230 postes dans ses 25 services d'urgences, tandis que l'Agence régionale de santé (ARS) a proposé un contrat d'objectif "zéro brancard" dans les couloirs avec une incitation financière à la clé pour les hôpitaux concernés.

Mais les soignants n'en démordent pas et leurs slogans sont clairs : "Soignants méprisés, patients délaissés redonnons du sens aux urgences !, "On ne va rien lâcher !" , "On est pas des robots !"... Le personnel des urgences n'a de cesse de continuer à réclamer des moyens humains et financiers pour continuer à soigner dans la dignité... Et cela risque de ne pas s'arranger car selon une enquête pré-estivale de la seule ARS francilienne, au moins 1 000 plages de 12 heures sont non pourvues en médecins - et autant en infirmières - pour juillet et août... De là à ce qu'une grande grève hospitalière prenne ? L'intersyndicale CGT-FO-SUD aimerait d'ailleurs voir ce mouvement, inédit par son ampleur, s'étendre à l'ensemble du monde hospitalier... L'été sera chaud ! Un conseil donné à tous : préservons notre santé...

assure le médecin urgentiste, Patrick Pelloux au micro d'Europe1 

Rédaction Infirmiers.com

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