EN BREF

"Exaspérés et amers", les IADE radicalisent leur mobilisation

Après avoir débuté leur mouvement de grève le 2 novembre dernier (le préavis courait jusqu'au 11), les infirmiers anesthésistes ont décidé de prolonger leur mobilisation jusqu'au 18 novembre. En cause : l'absence de reconnaissance adéquate de leur exercice particulier en pratique avancée infirmière, demandée à maintes reprises. Le Syndicat National des Infirmiers Anesthésistes (SNIA) assure que le suivi du mouvement par les professionnels est massif, mais affirme par ailleurs dans un tweet, extrait à l'appui, qu'il n'aurait pas mérité de remontée de données de la part des ARS. Certes les chiffres manquent, mais des blocs sont à l'arrêt malgré les nombreuses assignations, et la colère monte, rapporte Christophe Paysant, Président de l'organisation. Face à l'immobilisme gouvernemental (le projet d'amendement au PLFSS 2022 conduisant à la légitimation statutaire a été abandonné), le SNIA a pris la plume le 8 novembre pour signifier au Ministre de la santé sont dégoût, son exaspération et son amertume face à la non-réponse au fondamental besoin d'évolution du statut des IADE ; mais aussi la radicalisation du mouvement initial, qui commence déjà à désorganiser les établissements sanitaires malgré la résilience des professionnels concernés. Jusque-là, nous avons prêté attention à établir le dialogue et proposer des solutions graduelles. Aujourd'hui, certains de nos collègues ont dépassé leur seuil de tolérance ; assignés, ils attendent chez eux la visite de l'huissier qui viendra les sanctionner, regrette C. Paysant, qui en appelle à la vigilance et à l'écoute d'Olivier Véran pour limiter l'embrasement. La fenêtre de tir législative n'est plus exploitable compte tenu des échéances parlementaires et électorales. Il faut impérativement agir sur le plan règlementaire et sortir de cette crise en attribuant aux IADE un espace statutaire digne de leur exercice, plaide-t-il. La balle est désormais dans le camp gouvernemental.

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Commentaires (1)

#1

rien sans droit de grève

En France rien n'est possible sans droit de grève. celui des soignants est hypothéqué sous l'autel de la sécurité, mais quand il y a de moins en moins de soignants... c'est la sécurité qui est hypothéquée.
Les gouvernements font ce choix depuis des décennies et en profitent pour fermer des structures et réorganiser l'offre de soins pour un coût moindre.
Récupérons un droit de grève avec service minimum des WE et jours fériés! c'est un prérequis indispensable...