EMPLOI

1 Ehpad sur 2 peine à recruter du personnel soignant

Cet article fait partie du dossier :

Conseils emploi

    Précédent Suivant

Près de la moitié (44% en moyenne) des maisons de retraite médicalisées (Ehpad) déclarent avoir des difficultés de recrutement, surtout en aides-soignants et en médecins, le secteur privé étant le plus concerné, nous apprend une étude de la Drees publiée le 14 juin. Les Ehpad parisiens, eux, manquent surtout d’infirmiers et d’aides-soignants.

personne âgée ehpad

63% des établissements rencontrant des difficultés de recrutement ont des postes non pourvus depuis six mois ou plus.

Ce n’est pas une surprise, après les multiples mouvements de grèves qui ont agité les Ehpad ces derniers mois, mais une étude de la Drees publiée le 14 juin vient confirmer cette réalité avec des chiffres : ces établissements rencontrent des difficultés de recrutement. Dans le détail, 49% des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes du secteur privé disent être confrontés à des difficultés de recrutement et 38% des établissements publics, selon cette étude de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) des ministères sociaux, portant sur 2015.

D’après l’enquête, les Ehpad emploient, toutes professions confondues, 62,8 personnes en équivalent temps plein pour 100 places au 31 décembre 2015. Lorsqu’il se limite au personnel soignant (aides-soignants et infirmiers), ce taux d’encadrement varie de 22,8 postes par tranche de 100 places pour les structures privées à but lucratif et à 36,7 pour les structures hospitalières… Laissant donc apparaitre un manque criant de personnel.
Un constat tout de même : ces difficultés sont en légère baisse depuis 2011 dans le privé (-1 point) et dans le public (-2 points), selon cette étude quadriennale menée auprès des 7 400 Ehpad en France. On apprend également dans cette enquête que le renouvellement du personnel est fréquent dans les maisons de retraite médicalisées : 15% du personnel a ainsi moins d'un an d'ancienneté.

49% des Ehpad du secteur privé disent être confrontés à des difficultés de recrutement et 38% des établissements publics.

Le recrutement d’aides-soignants pose le plus de difficultés

63% des établissements rencontrant des difficultés de recrutement ont des postes non pourvus depuis six mois ou plus. Les difficultés concernent surtout les aides-soignants (9% en moyenne des Ehpad ont des postes non pourvus) et les médecins coordonnateurs (10% des Ehpad sont concernés). Le recrutement d'infirmiers pose moins de problèmes dans ces établissements.

Le recrutement des aides-soignants difficile en France selon Pôle emploi

Les données 2018 de Pôle-emploi rejoignent celles de la Drees. Plus de 58 500 projets de recrutements d’aides-soignants ont été comptabilisés en 2018. Ces projets sont particulièrement nombreux en Île-de-France, PACA, Auvergne-Rhône-Alpes et en Nouvelle Aquitaine. En parallèle, la part de difficultés pour recruter ces professionnels a été estimée à 48%. Ce chiffre est encore plus alarmant dans certaines régions, où les difficultés de recrutement sont évaluéés à plus de 50%, notamment en PACA, en Auvergne-Rhône-Alpes, dans le Grand Est, au Centre Val-de-Loire, en Normandie et en Corse.

Les Ehpad emploient, s’agissant du personnel soignant, 22,8 personnes pour 100 places pour les structures privées et 36,7% pour les structures hospitalières.

Les Ehpad parisiens peinent à recruter des infirmiers

L’étude met en avant que 47% des Ehpad parisiens ont du mal à recruter surtout des aides-soignants et des infirmiers. Une raison avancée pour expliquer cette situation : la proportion plus élevée qu'ailleurs d'établissements privés. Enfin, on apprend sans surprise que les établissements situés dans des communes isolées sont les plus concernés par ces problèmes de recrutement : près de 50% d’entre eux rencontrent des difficultés de recrutement. 15% de ces établissements signalent des postes de médecins coordonnateurs non pourvus.

Les Ehpad en chiffres 

  • 7 400 établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad)
  • 600 400 places d’hébergement, dont plus de 585 000 sont occupées
  • 98 places pour 1 000 personnes âgées de 75 ans ou plus
  • 430 000 employés pour un volume horaire équivalent à 377 000 équivalents temps plein (ETP)
  • 62,8 ETP pour 100 résidents
  • 49 % des établissements privés et 38 % des établissements publics ont des difficultés pour recruter.
  • 63 % des établissements confrontés à des difficultés de recrutement fonctionnent avec au moins un poste non pourvu depuis six mois ou plus.
  • 1 poste de médecin coordonnateur non pourvu depuis au moins 6 mois dans 10 % des Ehpad
  • Au moins 1 poste d’aide-soignant non pourvu depuis au moins 6 mois dans 9 % des Ehpad
  • 1 ou plusieurs postes d’infirmiers non pourvus depuis six mois ou plus dans 4 % des Ehpad

Alors que la ministre des solidarités et de la santé Agnès Buzyn a présenté son plan Ehpad le 30 mai dernier, avec, notamment, l'annonce d'une augmentation du nombre d’infirmiers de nuit dans les Ehpad, et une enveloppe de 360 millions d'euros supplémentaires de 2019 à 2021, consacrée au recrutement de personnels soignants, les mesures n'ont pas été jugées à la hauteur des difficultés par syndicats et associations du secteur. Sur la question, particulièrement épineuse justement, du recrutement, Jean-Pierre Riso, président de la Fédération nationale des associations de directeurs d'établissements et de services pour personnes âgées ( FNADEPA), s'est montré très clair : "On ne pourra pas accompagner nos aînés sans personnel. Plusieurs actions sont donc à mener, à commencer par la revalorisation des rémunérations et l'amélioration des conditions de travail afin que le métier attire de nouveau. Il faut également engager un travail autour du contenu des formations (initiale et continue) d'aides-soignants et redonner du sens, de la reconnaissance aux métiers de soignants auprès des personnes âgées". Il faut donc, après le constat, prendre le problème à sa source et faire des métiers d’aide-soignant ou d’infirmier en Ehpad, des métiers de nouveaux attractifs.

Creative Commons License

Journaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

Retour au sommaire du dossier Conseils emploi

envie de changer de poste

Publicité

Commentaires (4)

dragon29100

Avatar de l'utilisateur

4 commentaires

#3

pourquoi?

il faut faire beaucoup avec peu , travailler à flot tendu , se mettre en danger je comprend que le personnel soignant préfère exercer en libéral

Allo?_pital_?

Avatar de l'utilisateur

48 commentaires

#2

Ils se posent vraiment la question ?

Franchement, j'ai pas pu m’empêcher de sourire quand j'ai lu l'article !
Quel soignant accepte de cautionner ces Ehpad où les personnes âgées aidées souvent de leur famille payent chaque mois entre 2000 et 3000 euros en moyenne pour une qualité de service déplorable, un suivit médical scandaleux et des soins au lance-pierre !!
Un salaire minable pour les aides-soignantes souvent remplacées par des auxiliaires polyvalente sans formation mais qui coûtent moins cher (au smic) et qu'on presse comme des citrons, des conditions de travail inhumaine !! Pour le même salaire autant travailler... n'importe où ailleurs !!
La rare infirmière est appâtée au salaire et se doit d'être peu regardante, elle sert seulement de caution "médicale" à l'établissement histoire de facturer plus cher...

Les Ehpad privé affichent un taux de rentabilité (retour sur investissement) supérieur à 5% par ans pour les actionnaires, c'est la fête pour eux ! Mais pour les résidents et les salariés c'est la misère, l’épuisement professionnel et la motivation du début laisse rapidement place aux négligences voire aux maltraitances. En intérim, pendant 2 ans en milieu de carrière, j'ai notamment accepté de nombreux postes en EHPAD, ça fait partie intégrante du métier de soignant. Je suis resté bénévolement durant des heures à former le personnel volontaire à la prise en charge des personnes âgées.
J'ai systématiquement fait remonter quand c’était vraiment nécessaire par écris, à la direction les besoins en personnel, de formation, les gros dysfonctionnements et mes constatation sur des problèmes graves... je n'ai jamais eu de réponses, sauf que l'agence me prévenais que je n'irai plus la bas... au bout de quelques mois... je n'acceptais plus de poste en EHPAD !

DYMO77

Avatar de l'utilisateur

1 commentaires

#1

Mais bien sur !!

Les EHPAD parisiens n'arrivent pas à recruter des infirmiers !!Il faut qu'on m'explique pourquoi mon amie qui est médecin étranger, qui a obtenu son agrément pour travailler en tant qu'IDE, n'arrive pas à trouver un CDI qui lui permettrait de mettre en pratique ses connaissances, ses observations de manière pratique au bénéfice des nombreux résidents en EHPAD.
Ah oui, j'oubliais ...ses origines algériennes imposent à l'établissement qui la recrute de s'acquitter d'une taxe... taxe, qu’elle s’engage à rembourser sur plusieurs échéances parce qu’elle veut TRAVAILLER !!!
Et ce n'est pas la seule, malheureusement !!!
Les EHPAD n’arrivent pas à recruter !!!Personnellement, j’ai des doutes sur les vraies raisons des refus ou l’absence de réponses aux 50 lettres de motivations qu’elle a envoyé aux différents EHPAD du 77, 93, 94 et 75…
A bon entendeur...


A bon entendeur !!!