FNESI

La Fnesi dénonce l'immobilisme du ministère de la Santé

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Annulation des groupes de travail sur la réforme de la gouvernance, absence de consultation des jeunes et professionnels de santé paramédicaux sur la Loi de Santé, des promesses en suspens... La Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (FNESI) est en attente, depuis novembre 2014, d'actions concrètes, notamment sur la question de la gouvernance des Instituts de formation en soins infirmiers (Ifsi). Elle rappelle ainsi la ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, Marisol Touraine, à ses engagements.

FNESI congrès voix compte

A Nantes, lors du congrès 2014 de la Fnesi, les étudiants en soins infirmiers se sont exprimés massivement : leur voix doit compter !

Lors de son conseil d'administration, qui s'est déroulé à Reims les 7 et 8 février 2015, la FNESI a fait l'amer constat qu'aucune réflexion n'a encore été menée sur les problématiques des étudiants en soins infirmiers, notamment sur la question de la gouvernance des Ifsi. Ce sujet était pourtant au coeur des préoccupations des ESI lors du congrès de l'association étudiante organisé en novembre 2014 à Nantes. Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé, et des Droits des femmes, avait d'ailleurs annoncé, lors d'une allocution audiovisuelle, que les travaux sur la réforme de la gouvernance des instituts de formation sur un modèle démocratique universitaire débuteraient en janvier 2015. Il est inacceptable qu'à l'heure actuelle, aucun travail n'ait été engagé alors que la question de la gouvernance génère une attente d'actions immédiates, souligne Loïc Massardier, président de la Fnesi, dans un communiqué de presse daté du 11 février 2015.

La FNESI exhorte madame la ministre de prendre en considération les attentes des jeunes quant à leur avenir, leur volonté de participation au processus de concertation et de dialogue social

"L'engagement étudiant est le préalable à l'engagement professionnel"...

« Etre acteur de sa formation », lors du congrès de la Fnesi, en décembre dernier, cette phrase fut au coeur des débats, notamment lors de la table-ronde "politique" qui mit en présence DGOS, Fédération hospitalière de France (FHF), Comité d’Entente des formations infirmières et cadres (CEFIEC). Loïc Massardier, président de la FNESI, avait fait brillamment entendre un discours engagé sur ce point, porte-parole d'étudiants en soins infirmiers frustrés de ce manque de considération et d'implication en termes de gouvernance durant leurs études ; une considération devenue aujourd'hui indispensable et qui tarde à s'exprimer de façon concrète dans les Ifsi. Marisol Touraine avait alors fait un geste fort en s'adressant aux ESI via une vidéo, s'engageant à les écouter, à reconnaître comme légitime leurs attentes et à oeuvrer au plus vite dans ce sens... Attentive aux tables rondes sur la gouvernance des Ifsi , je le serai et j'en tiendrai compte avait-elle affirmé. Les ESi avaient réaffirmé de façon unanime que l'engagement étudiant est le préalable à l'engagement professionnel et que pour ce faire, il faut donner vraiment la possibilité aux étudiants d’être acteur de leur formation, c'est-à-dire de s’engager pleinement dans la construction de ses savoirs et de ses compétences, d'avoir une parole forte mais surtout prise en compte... Un constat avait été clair :  ils n'ont pas les clés pour y parvenir, leur Ifsi décide souvent pour eux, et la concertation affichée via la représentation des ESI dans les différentes instances n'est que leurre : leurs voix n'est le plus souvent que consultatives... Enfin, quand on entend encore aujourd'hui à de nombreuses reprises parler d'élève infirmier en formation dans des écoles on se dit que les mots ont du sens et qu'ils sont révélateurs du peu de considération à l'encontre des ESI... devenus depuis longtemps déjà des étudiants en soins infirmiers dans des instituts de formation en soins infirmiers ! Penser sa formation aujourd'hui, être dynamique et pro-actif, est un gage  de réussite pour les professionnels de demain, aptes à s'intégrer au mieux dans le système de santé, à répondre aux besoins des patients et à initier des démarches de soin innovantes et pertinentes. Encore une fois, Marisol Touraine semble peu disposée à entendre les ESI ; une chose est sûre, ils ne tarderont pas à se faire entendre et pour ce faire, la rue leur donnera un bel écho !

Bernadette Fabregas Rédactrice en chef Infirmiers.com bernadette.fabregas@infirmiers.com

"Je veux que ma voix compte", un slogan toujours d'actualité

campagne gouvernance FNESILa FNESI et les étudiants en soins infirmiers se préoccupent également de leur avenir et restent marqués par l'absence totale de consultation des jeunes dans le cadre du projet de loi de santé alors qu'ils sont amenés à devenir les professionnels de santé de demain. Loïc Massardier indique que le ministère chargé de la santé pourrait par cette loi porter les fondements d'un avenir plus riche pour la prise en charge des patients, pour la coopération professionnelle ainsi que pour les perspectives d'évolution des professions et du système de santé. Cependant, ni le projet de loi, ni la ministre ne semblent vouloir se donner les moyens de leurs ambitions. L'association souhaite également qu'un professionnel issu du corps paramédical soit désigné pour piloter le groupe de travail sur la pratique avancée aux côtés de Michelle Lenoir-Salfati et du Dr Pierre De Haas. L'article 30 du projet de loi de santé ne doit pas être encore une fois, comme le prouvent la composition et le pilotage des groupes de travail, le biais d'une main mise médicale sur l'évolution des compétences des professionnels ou du système de santé, précise Loïc Massardier.

La FNESI s'est jusque là montrée patiente, mais ce temps semble révolu. Les étudiants en soins infirmiers sont bien décidés à se faire entendre jusque dans la rue si cela est nécessaire si aucune garantie ni aucun avancement permettant d'aboutir sur une réforme des textes de gouvernance pour la rentrée 2015 n'est à noter dans les prochains jours ; le pouvoir de mobilisation des ESI n'est depuis longtemps plus à démontrer ! La balle est donc dans le camp de la ministre de la Santé qui a signifié, en novembre dernier, être attentive aux problématiques des étudiants en soins infirmiers...

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Aurélie TRENTESSE Journaliste Infirmiers.com aurelie.trentesse@infirmiers.com @ATrentesse

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