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ESI-WAY - Universitarisation : qu’en pensent les étudiants infirmiers ?

Publié le 06/07/2018
Regard de patient

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ESI micro trottoir

ESI micro trottoir

L'universitarisation des formations paramédicales est une nécessité pour poursuivre une harmonisation européenne des diplômes et permettre à terme un accès vers une discipline en sciences infirmières. Comment les étudiants voyaient-ils en janvier dernier ces bouleversements de leur formation à venir ? Rappelons que depuis, les IFSI ont fait un pas de plus vers l'université et que le concours infirmier est supprimé dès 2019...

Infirmiers.com était en effet allé tendre son micro aux étudiants en soins infirmiers de l’IFSI Diaconesses de Reuilly, dans le 12e arrondissement de Paris, en janvier 2018 - avant ces dernières décisions gouvernementales - pour connaître leur avis sur la question. Un focus qui n'est bien évidemment pas représentatif des positions de l'ensemble des ESI... mais qui donne quelques indications sur leur degré d'information sur un sujet pourtant d'actualité.

Rappelons que la réforme est à l'oeuvre, universitarisation oblige des formations en santé, et que le concours d'entrée en IFSI va connaître à l'automne 2018 sa dernière édition… En effet, comme Agnès Buzyn ministre des Solidarités et de la Santé et Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation l’ont indiqué le jeudi 5 juillet lors d'un déplacement à l'Ifsi de Caen , les IFSI font un pas de plus vers l'université : inscription sur Parcoursup, statut étudiant avec accès aux services universitaires ; un véritable progrès pour nos futurs soignants !

Cependant, avant cette réforme, comme tous les ESI, les étudiants en soins infirmiers de l’IFSI Diaconesses de Reuilly, dans le 12e arrondissement de Paris, ont passé un concours d’entrée pour intégrer leur institut de formation. L’ont-ils perçu comme utile ? Oui, pour la plupart des étudiants. Très utile, puisque ça nous a permis d’aborder plusieurs compétences, notamment l’organisation, des connaissances sur l’histoire de la profession et sur la santé publique…, rappelle Lévana, étudiante de 3e année. Quant à l’épreuve orale ?  C’est important par rapport à la posture qu’on peut avoir, à l’image qu’on reflète…, affirme encore Mylène, également étudiante en 3e année. Pour d’autres en revanche, c’est moins évident, comme pour Suzy, une ancienne aide-soignante actuellement en 3e année : Pour moi, c’est vrai que le concours peut permettre une sélection, mais je pense qu’il y a beaucoup de professionnels très méritants, dans les hôpitaux, les maisons de retraite, qui, pour X ou Y raisons, ont peur de se lancer dans la formation. Donc le concours, surtout quand on est un ancien professionnel, je ne vois pas à quoi ça sert…

« A la fac ? Cela ne sera pas du tout pareil ! »

De manière générale, l’universitarisation n’a pas l’air de faire l’unanimité auprès des étudiants de l’IFSI Diaconesses interrogés et leurs connaissances sur la question et les réprésentations qu'ils expriment l'attestent d'autant qu'elles sont erronées pour la plupart... En effet, rappelons que les Ifsi ne fermeront pas et que la formation sera toujours dispensée en leur sein... 

Pour eux, l’apprentissage en petites promotions, à l’école, encadré et axé sur des exercices pratiques, a encore toutes leurs faveurs, eux qui voient même d’un assez mauvais œil l’idée d’aller effectuer leur formation "sur les bancs de l’université". C’est quand-même une formation où [l'enseignement] est très humain, et le fait que ce soit à la fac, déjà au niveau de l’effectif, des conditions de travail, ce ne sera pas du tout pareil… La pédagogie ne sera pas du tout la même…, s’inquiète Mylène, étudiante en 3e année. Actuellement, on a la chance d’avoir justement les deux, souligne Lévana. C’était déjà une nouveauté dans le diplôme, d’avoir à la fois des cours magistraux à la fac et à la fois des cours à l’école, qui sont en plus petits groupes et un peu plus personnalisés. Et c’est ça, justement, la force de nos études, de pouvoir faire les deux. Certains y voient tout de même un avantage : l’universitarisation ouvrirait la porte à une meilleure reconnaissance des études en soins infirmiers. Le fait d'avoir des études à la fac, ça nous permettrait d'avoir une licence, non plus un grade licence comme on a aujourd'hui, et donc pour nous une meilleure reconnaissance sur le milieu du travail, note Deborah, tout comme Elisabeth, étudiante de 3e année : Qu'on puisse faire une licence, master, doctorat, je trouve que c'est une très bonne chose, parce que ça valoriserait notre métier.

Un pas de plus vers l’avenir de la formation en soins infirmiers

Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, l'a rappelé une fois encore le 5 juillet 2018, revenant sur la question de l'universitarisation de la profession, et tenant à répondre à ses détracteurs  : ceux-ci propagent volontiers une vision fausse de cette intégration, l’idée que les étudiants en soins infirmiers devraient abandonner les caractéristiques de leur modèle de formation, rejoindre des amphithéâtres bondés et anonymes, renoncer à la qualité d’un encadrement de proximité. Et de rappeler que dès la rentrée 2018, les étudiants en soins infirmiers seront inscrits à l'université et accéderont aux services universitaires - médecine préventive, sport, bibliothèque, droit de vote…-  acquérant par là-même les mêmes droits que les étudiants des autres filières. Les futurs infirmiers bénéficieront donc de la carte étudiante de l'université qui a établi une convention avec leur institut de formation. La Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers s'en réjouit d'ailleurs : l’intégration universitaire représente une étape incontournable pour que les enseignements répondent à l’ambition des étudiants mais aussi aux besoins de santé de demain. Aujourd’hui nous faisons un pas de plus vers l’université, un pas de plus vers l’avenir de notre formation.

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Susie BOURQUINJournaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

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Source : infirmiers.com