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"Un très grand échec", dit Axel Kahn du lancement de la campagne vaccinale anti - Covid-19

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Epidémiologie

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La France semblait pourtant en ordre de bataille : en long en large et en travers, les autorités sanitaires expliquaient encore juste après Noël que la stratégie vaccinale anti - Covid-19 "à la française" était sécurisée, et la montée en puissance savamment calculée depuis des mois. Moins de dix jours après le lancement concerté de la campagne, le couperet tombe : 516 personnes vaccinées en France, contre 250 000 en Allemagne et 950 000 en Grande-Bretagne par exemple. Une "lenteur" relevée sans embage à l'occasion des voeux de début d'année par un Chef de l'Etat agacé et relayée par nombre de scientifiques, dont Axel Kahn, qui parle de très grand échec.  En cause ? Le ciblage des populations, qui vise en permier lieu les plus de 75 ans en établissement (Ehpad, USLD) ; le temps consacré aux consultations pré-vaccinales et au recueil du consentement éclairé du patient (une spécificité française) ; la mise à disposition d'un délai de rétractation de quatre jours ; les contraintes logistiques liées au produit de Pfizer-BioNtech... En réaction et conformément aux annonces présidentielles de novembre ainsi qu'aux recommandations du Conseil économique social et environnemental,  un collectif de citoyens a été désigné pour partager les préoccupations et interrogations de la société française. Pour éteindre le feu par ailleurs, Olivier Véran déclarait le 31 décembre ouvrir en hâte la vaccination aux soignants de plus de 50 ans à compter du 4 janvier. Une ouverture anticipée par l'AP-HP dès le 1er janvier et qui répond à la très forte demande, de l'ensemble du personnel soignant (infirmiers, aide-soignants, médecins, pharmaciens), déclarait sur les ondes de France info Frédéric Batteux, Directeur Médical de l'AP-HP. Dans le même temps, un sondage réalisé par Odoxa-Backbone Consulting pour France Info et Le Figaro confirme la défiance des Français : 58 % d'entre eux (soit 8 points de plus qu'en décembre) disent ne pas souhaiter se faire vacciner contre le Covid-19, et ce alors que 54 000 soignants (essentiellement des aide-soignants et des infirmiers) ont déjà contracté le virus dans le pays et que les effets indésirables graves [observés lors des essais cliniques, ndlr] sont de l'ordre de 1/50 000 à 1/100 000, rappelle l'épidémiologiste Arnaud Fontanet.

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