GRANDS DOSSIERS

L'avenir de la profession infirmière en 9 priorités

par .

Cet article fait partie du dossier :

ONI

L'Ordre national des infirmiers (ONI) a présenté, le 5 avril 2017, les 9 priorités des infirmiers qui seront portées auprès des candidats à l'élection présidentielle. L'objectif : prendre part au débat sur les grandes questions de santé et faire entendre la voix des infirmiers. Explications.

Les infirmiers font part aux candidats à l'élection présidentielle de leurs priorités.

Afin de faire entendre la voix des infirmiers et pour peser dans le débat présidentiel, l'Ordre national des infirmiers a lancé, en mars 2017, une grande concertation visant à émettre des propositions qui seront prochainement portées auprès des candidats. 20 000 infirmiers ont ainsi exprimé leur avis sur l'avenir de la profession infirmière, le système de santé et l'ensemble de la société. Ces retours ont permis de définir collectivement 9 priorités formulant "La voix des infirmiers". Nous voulons savoir si la santé préoccupe les candidats à l'élection présidentielle, souligne Didier Borniche, président de l'ONI. Nous avons actuellement le sentiment que ce n'est pas un sujet qui est sur le devant de la scène alors que les Français s'en soucient énormément

Violence, risques, valorisation des compétences en tête des priorités des infirmiers

Sans surprise, les infirmiers considèrent que les risques, la violence (pour 96% des IDE) et la protection sont les sujets prioritaires à traiter. La violence prend différentes formes à l'hôpital, souligne Didier Borniche. Cela ne permet pas de travailler dans de bonnes conditions. Peu de solutions ont été avancées pour protéger les professionnels de santé des violences qui gangrènent la société aujourd'hui, déplore-t-il. La dramatique actualité du moment sur l'agression à l'arme blanche d'une infirmière libérale montre que ce secteur est très exposé également. Pour des conditions de travail optimales, les infirmiers souhaitent que les forces de l'ordre, la justice et les établissements de santé agissent en conséquence (tolérance zéro) et réclament l'allocation de crédits dédiés afin de mettre en place :

  • des systèmes connectés d'alarme ;
  • un plan de formation préventive pour les infirmiers se déplaçant au domicile de leurs patients. 

Par ailleurs, les IDE dénoncent la trop faible couverture sociale contre certains risques liés à leur activité. Ils désirent donc une prise en charge mutualisée des accidents d'exposition au sang et aux virus mais aussi une couverture maternité supplémentaire pour les infirmières libérales. Les dispositions prises en la matière pour les médecins devraient s'appliquer aux IDEL, estime Didier Borniche. 

Seconde priorité des infirmiers : une plus forte représentation de la profession dans les grandes instances de décision sur les questions de santé. Dans beaucoup d'instances, il y a trop peu, voire pas d'infirmiers, juge Didier Borniche. Nous souhaitons apporter notre expertise dans différents domaines. Il s'agirait notamment de nommer des conseillers infirmiers reconnus pour leur expertise dans les ministères qui concernent de près les infirmiers : santé, éducation nationale, travail, affaires sociales. Les infirmiers désirent également être présents au sein des instances de décision du secteur, comme la Haute Autorité de Santé, les agences régionales de santé (ARS) ou encore l'Agence nationale de sécurité du médicament (Ansm).

La troisième priorité des infirmiers est la valorisation de leurs actes. S'agissant des infirmiers libéraux, il existe un décalage entre l'évolution des soins et la prise en charge, constate Didier Borniche. Il faudrait que la nomenclature soit plus en phase avec les enjeux de la société.

Autre point très cher aux infirmiers : l'égalité d'accès aux soins comme principe fondamental. Certains candidats à l'élection présidentielle semblent vouloir remettre en cause le modèle actuel de prise en charge des soins, note l'ONI. Une disposition qui ne convient guère aux infirmiers. 

En cinquième priorité, les IDE demandent la création d'un statut d'infirmier référent-coordonnateur ainsi qu'une meilleure valorisation du temps consacré par l'infirmier à la prévention et à l'éducation pour la santé. Il s'agirait ainsi de mieux répondre aux prises en charge qui sont de plus en plus complexes et d'assurer un suivi global des patients.

La qualité et la sécurité des soins font partie de la priorité n°6. Pour l'ONI, les tensions liées aux exigences de rigueur budgétaire se font fortement ressentir sur l'ensemble de notre système de santé, et particulièrement sur le travail des infirmiers qui parfois se trouvent en charge de plusieurs dizaines de patients ce qui crée des risques majeurs.

En septième priorité, les infirmiers estiment que pour un parcours de soins de qualité, il faut notamment miser sur la e-santé. Les nouvelles technologies favorisent et facilitent les échanges de données essentiels au suivi des patients, d'où l'intérêt d'investir dans le partage d'informations entre les professionnels de santé de ville et ceux de l'hôpital. Il s'agirait également de développer le Dossier Médical Partagé, avec une partie dédiée au dossier infirmier et un autre relatif à la vaccination. 

Enfin, en huitième et neuvième priorités, les infirmiers souhaitent que leurs compétences et responsabilités soient mieux reconnues (suppression de l'accès partiel à la profession d'infirmier, mise en place de la pratique avancée, droit de prescription...) et qu'une véritable filière universitaire en sciences infirmières soit créée. 

Gageons que les candidats seront sensibles à ces propositions et prendront, mais aussi et surtout, tiendront des engagements qui permettront aux infirmiers d'exercer dans de meilleures conditions de travail...

Creative Commons License

Aurélie TRENTESSE Journaliste Infirmiers.com aurelie.trentesse@infirmiers.com @ATrentesse 

Retour au sommaire du dossier ONI

Publicité

Commentaires (6)

JEDYTE

Avatar de l'utilisateur

22 commentaires

#6

L'Ordre National des Aides-soignants ! Affaire à saisir !

L'inscription à l'ordre infirmier est rendu obligatoire pour exercer dans n'importe quel domaine, même en remplacements.

L'Ordre infirmier s'est monté tout seul en s'auto-proclamant obligatoire, en forçant à payer une cotisation. N'importe qui peut créer un ordre. D'ailleurs il y a un créneau pour créer l'ordre national des aides-soignants, qui n'a pas encore été pris.

Si vous ne voulez plus exercer en hôpital, travailler dans des beaux quartiers de Paris, voyager... Créez un Ordre National des Aides-soignants et obligez-les à vous donner de l'argent pour qu'ils aient le droit d'exercer dans la légalité.

Le travail est moins pénible qu'en hôpital puisque vous faîtes du secrétariat. Par exemple écrire des lettres de menaces pour les confrères qui ne voudraient pas payer leurs cotisations.

Bernadette Fabregas

Avatar de l'utilisateur

244 commentaires

#5

Inscription à l'ordre infirmier oui

Bonjour, pour répondre à votre question sur l'obligation d'inscription à l'ordre national des infirmiers, vous trouverez votre réponse sur ce lien et c'est bien évidemment oui
https://www.infirmiers.com/votre-carriere/ide-liberale/conditions-dinstallation-en-exercice-liberal-sous-convention.html

lili la souris

Avatar de l'utilisateur

1 commentaires

#4

idel

Bonjour
Je souhaite faire des remplacements libéraux. L' inscription à l'oni est elle toujours obligatoire ??
D' avance merci.

JEDYTE

Avatar de l'utilisateur

22 commentaires

#3

o_O

Mais ce top 9 est sorti du chapeau à qui ? o_O

Et pas d'augmentation de salaires dans le top 9 ? Vous trouvez que nous sommes payés à la hauteur de nos actes et responsabilités ?

Je vais boire une camomille, j'ouvre la fenêtre et je respire un grand coup.

Marie Charlotte IDE

Avatar de l'utilisateur

11 commentaires

#1

Décalage.

Les priorités de l’Ordre infirmier ne sont pas nécessairement celles des infirmières. A fortiori lorsque 80% d’entre elles ne sont toujours pas inscrites à l’Ordre infirmier 10 ans après sa publication au JO.