L’été 2026 a une nouvelle fois démontré la vulnérabilité des personnes âgées face aux fortes chaleurs. Lors de la première vague de canicule, du 17 juin au 2 juillet, 5 764 décès toutes causes en excès ont été enregistrés, dont deux tiers parmi les plus de 75 ans, selon Santé Publique France. Ajoutons 300 autres décès recensés lors du tout premier épisode caniculaire de cette année, du 24 au 28 mai et le bilan des victimes des fortes températures cette année s'élevait même à à 7 300 morts.
«Ces chiffres rappellent que, en cas d’épisodes climatiques extrêmes, le lieu de vie mais aussi le fait d’être accompagné ou non sont déterminants. À domicile, le passage régulier d’un professionnel permet de vérifier l’hydratation, de repérer un logement devenu trop chaud, une dégradation de l’état de santé et, si nécessaire, de donner l’alerte», souligne le Synerpa.
Des professionnels et des structures exceptionnellement mobilisés
«Protéger les personnes âgées pendant ces épisodes a nécessité une mobilisation humaine considérable. 83 % des adhérents interrogés déclarent avoir dû mobiliser exceptionnellement leurs équipes. Parmi ceux ayant détaillé cette mobilisation, 63 % ont eu recours à des heures supplémentaires, 54 % à des renforts de personnel ou CDD canicule et
66 % ont renforcé la mobilisation de leur encadrement», détaille le communiqué.
Lors des incendies survenus en Gironde, dans les Landes et dans le Var, la solidarité entre acteurs s’est également organisée. «Les établissements adhérents se sont mobilisés pour accueillir des résidents évacués, mettre des places à disposition et participer aux transports, en lien avec les autorités sanitaires et locales».
Transition démographique et climatique : anticiper les besoins
«Le Synerpa salue les moyens mobilisés par l’État dans l’urgence. Mais l’adaptation du grand-âge au changement climatique ne peut reposer sur une succession de mesures exceptionnelles prises au moment des crises.
Adapter la France au vieillissement suppose désormais d’investir dans les logements, les équipements et bâtiments médico-sociaux, les services à domicile et les moyens humains nécessaires à l’accompagnement».
«Il faut également décloisonner les solutions. Cet été, 64 % des adhérents interrogés ont constaté une hausse des demandes d’admission ou de prise en charge. Une personne peut souhaiter continuer à vivre chez elle tout en ayant ponctuellement besoin des ressources d’un établissement. Le Synerpa défend ainsi un véritable parcours entre domicile, habitat intermédiaire et EHPAD».
Entre 2027 et 2032, la France comptera 685 000 personnes supplémentaires âgées de 75 à 84 ans et 339 000 supplémentaires de plus de 85 ans. Dans le même temps, la multiplication des épisodes climatiques extrêmes va imposer de nouveaux investissements. Pour le Synerpa, «transition démographique et climatique doivent désormais être pensées ensemble. La confédération propose une stratégie nationale de la longévité accompagnée d’une loi de programmation budgétaire pluriannuelle, intégrant pleinement les besoins d’adaptation climatique».
« Cet été a montré deux choses : l’extrême vulnérabilité des personnes âgées face aux épisodes climatiques et l’extraordinaire capacité de mobilisation des professionnels, à domicile comme en établissement. Mais nous ne pouvons pas nous contenter de répondre à chaque crise par des mesures d’urgence. Il nous faut dès à présent enclencher les actions qui permettront de protéger durablement les personnes âgées face au changement climatique », résume Jean-Christophe Amarantinis, président du Synerpa.
À propos du Synerpa
Créé en juin 2001, le Synerpa est la première confédération de l’hébergement, de l’aide et de l’accompagnement de la personne âgée. Il regroupe les principaux acteurs privés français des EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), des habitats intermédiaires, des services et soins à domicile avec le Synerpa Domicile. Le Synerpa rassemble au total 3 500 adhérents, dont 2 000 EHPAD, 300 habitats intermédiaires et 1 200 agences de services et soins à domicile, soit plus de 300 000 personnes hébergées et aidées et 170 000 salariés. Depuis 2019, le Conseil national des établissements thermaux (CNETh), qui représente 110 établissements, est également un syndicat affilié du Synerpa.
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