SANTÉ PUBLIQUE FRANCE

Le tabac responsable de 68 000 morts en 2023

Publié le 17/02/2026

Le nombre de décès imputables au tabac diminue mais demeure toutefois élevé, indique Santé publique France. Pour tenter d'accélérer cette tendance à la réduction, elle a lancé une campagne de communication pour accompagner les fumeurs qui souhaitent arrêter de fumer. 

Main d'homme tenant une cigarette

La baisse du tabagisme est encourageante, mais le tabac demeure la première cause de mortalité évitable en France.
Crédit photo : S.Toubon

La mortalité attribuable au tabac a diminué mais reste la substance demeure la première cause de décès en France. Dans une récente publication, Santé publique France estime à 68 000 le nombre de morts prématurées causées par le tabac en 2023, soit 11% de la mortalité totale (16% chez les hommes, 6% chez les femmes). En octobre 2025, dans son Baromètre sur la consommation de tabac, l’agence évaluait à 4 millions le nombre de fumeurs en moins depuis 2014, et à 75 000, celui des décès attribuables au tabac. Cette diminution s’explique notamment par «la disparition progressive des générations ayant le plus fumé», les nouvelles générations étant moins portées sur la consommation de tabac. «Le tabagisme réduit considérablement l’espérance de vie avec une dizaine d’années d’espérance de vie perdues par les fumeurs hommes ou femmes», note-t-elle. Il existe toutefois de fortes disparités entre les territoires, avec les régions Hauts de France (127 décès pour 100 000 habitants), Grand Est (117 décès) et Corse (116 décès) qui affichent des taux de mortalité supérieurs de 40% supérieurs à celui d’Île-de-France (83 morts par habitants) ; certains territoires ultramarins – Guadeloupe, Martinique et Guyane – apparaissent également moins exposés.

Une campagne pour accompagner l'arrêt du tabac

Pour accélérer cette réduction de la consommation de tabac, Santé publique France a lancé ce lundi 16 février la campagne «Devenir Ex-fumeur», s’appuyant sur les chiffres de son Baromètre sur la santé des Français, publié en décembre 2025. Il jugeait ainsi que 55% des fumeurs quotidiens émettaient le désir d’arrêter de fumer. Mobilisant aussi bien des supports vidéo qu’audio et des bannières, la campagne s’adresse donc en priorité à ces publics, «avec une attention particulière» portée sur «les plus vulnérables sur le plan socio-économique.» Elle entend également rappeler l’existence – et la mission – de Tabac info service, qui propose notamment un accompagnement individuel pour augmenter les chances d’arrêter de fumeur chez ceux qui le souhaitent. Pour l’agence sanitaire, il s’agit en effet d’une priorité de santé publique. La campagne se poursuivra jusqu'au 15 mars 2026.

Le chiffre de 68 000 décès prématurés et la persistance des disparités territoriales soulignent «l’importance de renforcer la mobilisation collective, de la sensibilisation des jeunes générations jusqu’à l’accompagnement des fumeurs tout au long de leur parcours d’arrêt. Agir sur les déterminants sociaux, améliorer l’accès aux outils d’aide et promouvoir des environnements favorables à la santé sont des leviers essentiels pour réduire durablement l’impact du tabagisme», déclare le Dr Caroline Semaille, la direction générale de Santé publique France, citée dans la publication.

Le poids du tabac sur la santé publique

Le tabac est responsable de plusieurs pathologies mortelles, à commencer par le cancer. Ces nouvelles données démontrent que ce dernier demeure en effet «la première cause de mortalité liée au tabac, représentant 55 % des décès liés au tabac chez les femmes et 58 % chez les hommes.» Et 1 décès sur 3 et 1 décès sur 10 liés respectivement à une maladie respiratoire chronique et à une maladie cardiovasculaire ou neurovasculaire sont imputables au tabagisme. La réduction de cette habitude de consommation fait d’ailleurs partie des mesures de la stratégie nationale de lutte contre le cancer, avec le renouvellement chaque année des campagnes anti-tabac menées conjointement par Santé publique France et l’Institut national du cancer (INCa). Ce dernier saluait d’ailleurs lors de la présentation de la seconde feuille de route de la stratégie anti-cancer les progrès réalisés sur ce champ : une baisse de 10 points de la consommation de tabac chez les 15-17 ans.

Accéder au rapport de Santé publique France «Les décès attribuables au tabagisme»

La Rédaction d'Infirmiers.com

Source : infirmiers.com