ÉLECTIONS MUNICIPALES

12 propositions aux maires pour la santé des soignants

Publié le 16/02/2026

À l’approche des élections municipales, l’Institut SPS appelle les candidats à faire de la santé des soignants et des étudiants en santé un axe important de leur programme. À cet effet, l’institut partage 12 propositions.

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À quelques semaines du scrutin municipal de 2026, la santé figure parmi les premières attentes des Français à l’égard de leur maire, notamment en matière d’accès aux soins. Dans ce contexte, l’Institut pour la santé des soignants (SPS) souhaite élargir le débat politique pour améliorer durablement l’offre de soins en tenant compte de celles et ceux qui font la santé. Reconnue d’intérêt général, l’Institut partage ses 12 propositions aux candidats en course.

Les communes, des leviers d’action souvent sous-estimés

Selon SPS, l’état de santé des soignants conditionne directement la qualité, la sécurité et la continuité des prises en charge sur l’ensemble du territoire.

Si la santé ne constitue pas, au sens strict, une compétence municipale, les maires disposent néanmoins de marges de manœuvre importantes telles que l’urbanisme, le logement, la sécurité, l’action sociale, l’éducation, la vie associative, ou encore l’aménagement de l’espace public. Ces domaines influencent concrètement les conditions d’exercice et l’équilibre de vie des professionnels de santé.

Attirer et fidéliser des soignants ne peut plus, estime l’Institut SPS, se limiter à proposer des aides financières ou des locaux professionnels. Les politiques d’attractivité doivent intégrer une approche globale : conditions de travail, sécurité, reconnaissance, articulation entre vie professionnelle et personnelle, environnement familial.

12 propositions articulées autour de trois axes

En premier axe, l’institut propose de faire de la santé des soignants et des étudiants une priorité politique locale. Il s’agirait notamment de confier ce dossier à un élu référent, d’organiser des temps de dialogue réguliers avec les professionnels et d’inscrire explicitement cet enjeu dans les contrats locaux de santé et les documents de planification.

Le deuxième axe est d’accompagner et orienter les soignants dans la préservation de leur santé. Les communes sont invitées à relayer les ressources existantes, comme le numéro vert et l’application de SPS ou le guichet unique lamaisondessoignants.fr. La formation des élus et des agents municipaux aux Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM) figure également parmi les pistes avancées, afin d’améliorer le repérage des situations de souffrance.

L’organisation suggère par ailleurs d’encourager l’activité physique via des partenariats avec les associations sportives locales proposant des tarifs préférentiels, et de soutenir l’implantation de lieux dédiés à la communauté soignante, à l’image de la « Maison des Soignants », conçue comme un espace de prévention et de soutien psychologique de proximité.

Enfin, le troisième axe consiste à créer un environnement d’exercice favorable, attractif et sécurisé. Les propositions couvrent des mesures concrètes telles que la facilitation du stationnement pour les interventions à domicile, la réservation de logements en lien avec des bailleurs sociaux, ou encore l’adaptation des solutions de garde d’enfants aux horaires atypiques.

La santé des soignants est préoccupante

SPS rappelle dans son communiqué, que plus d’un soignant sur deux se déclare en situation d’épuisement. Six sur dix rapportent souffrir de douleurs chroniques, une proportion deux fois supérieure à celle observée dans la population générale.

Chez les professionnels exerçant en libéral, un sur cinq a déjà reçu un diagnostic de dépression. Plus largement, les soignants seraient cinq fois plus susceptibles de présenter des symptômes dépressifs que l’ensemble de la population. À ces fragilités psychiques s’ajoute la question des violences avec plus de 40% qui déclarent avoir été confrontés à des menaces ou à des agressions verbales.

Comme les soignants, les étudiants en santé ne sont pas épargnés. Selon les filières, jusqu’à 30% d’entre eux déclarent avoir eu des pensées suicidaires. Pour l’Institut SPS, ces chiffres ne relèvent plus d’alertes isolées mais d’un phénomène structurel, qui engage la responsabilité collective.

Source : Institut SPS

Corinne Pauline Nkondjock

Source : infirmiers.com