À la suite de l’annonce d’un projet de financement de la Sécurité sociale placé sous le coup de l’austérité qui ne passe pas auprès des professionnels de la santé, Stéphanie Rist, la nouvelle ministre de la Santé, tente de rassurer le secteur. Certes, ce budget est « contraint » mais il doit permettre de « protéger l’hôpital », a-t-elle assuré lors de son premier déplacement, au Centre Hospitalier Intercommunal de Créteil (Val-de-Marne), dimanche 19 octobre. « On est dans un moment budgétaire important, et c'est aussi pour ça que je suis là », a-t-elle déclaré. Il ne faut pas « se cacher les yeux sur le budget. » Le projet de financement pour la santé qui sera débattu à l’Assemblée nationale prévoit 2,6 milliards d’euros de plus pour l’hôpital, avec une augmentation de l’Objectif de dépenses d’Assurance maladie de 1,6%. Soit une enveloppe « historiquement basse », ont dénoncé les fédérations hospitalières, qui qualifient ce budget de « pire cure d’économie pour l’hôpital » depuis les années 2010. En face, la préoccupation première est toutefois de réduire le déficit ; sans quoi le risque serait « de ne plus avoir de Sécurité sociale », a répondu la ministre. « Ce n’est pas forcément une augmentation d’enveloppe budgétaire qui est nécessaire, mais parfois aussi plus de professionnels [...] et un accès organisé. »
Le vendredi précédent, Stéphanie Rist promettait de se mobiliser pour « protéger les plus fragiles. » Car tel que présenté, le futur budget de la Sécu ne frappe pas que l’hôpital, il met aussi à contribution les patients : augmentation des franchises médicales – qui seront plafonnées et dont femmes enceintes, personnes en situation de précarité, et plus jeunes seront épargnés, a-t-elle nuancé – et révision des critères d’admission en affection de longue durée (ALD) – il faut faire le pari de la prévention pour limiter les entrées dans ce type de dispositif, a-t-elle défendu.
Une vision à 10 ans nécessaire
Au milieu de ces nouvelles peu encourageantes, la Fédération hospitalière de France, qui réclame l’élaboration d’une politique pluriannuelle de financement, pourrait bien voir se réaliser une partie de son souhait. La ministre a annoncé travailler pour publier, d'ici la fin de l'année, « une prévision à dix ans des investissements ». « Je n'annonce pas un grand plan d'investissement, mais j'annonce une perspective, parce que c'est très important de redonner de la perspective pour nos hôpitaux », a-t-elle plaidé.
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