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COVID-19 : les formations paramédicales en cours doivent aussi s'adapter...

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Formation en ifsi

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Si les professionnels de santé sont tous impactés au premier chef par la crise sanitaire que nous traversons, les étudiants des professions paramédicales le sont tout autant. La sélection pour l’entrée en IFSI sera cette année perturbée, les textes réformant l’accès aux formations AS-AP viennent de sortir en pleine crise sanitaire, quant aux étudiants en soins infirmiers en fin de formation, ils sont, eux aussi mobilisés, venant en aide dans les services en tension. Du côté des spécialités, les étudiants puériculteurs, IBODE, IADE mais aussi MERM sont mécontents du sort qui leur est réservé. Petit tour d’horizon...

étudiant COVID

Crise sanitaire oblige, de nombreuses interrogations demeurent actuellement pour la diplômation des étudiants paramédicaux en fin de formation...

En cette période de crise sanitaire majeure, l’ensemble des processus de recrutement d’étudiants doit s’adapter au ralentissement de l’activité de nombreuses institutions administratives, notamment dans le secteur paramédical.

Sélection des étudiants en IFSI et IFAS, continuité de formation...

La procédure d’accès aux Instituts de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) ne déroge pas à la règle. Si la plateforme de recueil des souhaits Parcoursup n’est pas impactée, étant donné sa caractéristique totalement dématérialisée, il n’en est pas de même pour la suite du processus de sélection. Nous avons interrogé récemment Martine Sommelette, Présidente du Comité d’Entente des Formations Infirmière et Cadre (CEFIEC) à ce sujet afin d’en savoir plus sur les organisations mises en place. Les textes contraignent les IFSI, pour sélectionner les futurs étudiants infirmiers en formation continue ou reconversion professionelle, à mettre en place deux épreuves écrites d’une demi-heure de français et de mathématiques, suivies d’un oral, précise-t-elle. Mais la conjoncture les oblige aujourd’hui à annuler cette épreuve, si bien que la sélection ne se fera cette année que sur dossier.

Du côté de la rentrée à venir des aides soignants et des auxiliaires de puériculture, l'arrêté concernant les nouvelles modalités d'admission en IFAS et en IFAP vient juste d'être publié. La réforme est en marche, avec une nouvelle procédure de sélection sur dossier, à la place du concours d'entrée, supprimé, auquel doit s’ajouter un entretien. Mais la crise sanitaire a également un impact sur le nouveau mode de recrutement des élèves, l'entretien n'aura pas lieu cette année pour cause de coronavirus.

Dans une communication du 16 mars, le CEFIEC rappelait que face à l'évolution de la pandémie, les Instituts de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) et les Instituts de Formation d'Aide Soignants (IFAS) se sont organisés depuis début mars pour réaffecter 80 à 100 % (selon les instituts) les étudiants dans les établissements de santé afin de venir en appui aux personnels de soins. Le CEFIEC sollicitait également la DGOS pour garantir la mise en place d'une organisation homogène à l'échelle nationale pour la gestion des étudiants IDE et AS, et notamment en stage. Un cadrage qui doit permettre de régulariser et homogénéiser les affectations en stage, mais également de clarifier la sémantique employée (stage validant, volontariat, vacation, réquisition...). Il s'agit à travers cette demande, d'éviter les organisations isolées et régions dépendantes et d'assurer la sécurité des étudiants et in fine leur diplomation.

Récemment, une étudiante en soins infirmiers de 3e année nous rappelait que travailler notre mémoire de fin de formation, dans les conditions actuelles, n’est pas envisageable pour les étudiants en soins infirmiers. Parlant au nom de ses compagnons de promotion, elle interpellait les formateurs de leur IFSI : permettez-nous, s'il vous plaît, d'être au plus haut de nos compétences auprès des patients dont nous avons la charge. Le mémoire de fin de formation n'est plus, et je parle pour l'ensemble de notre promotion, une priorité en cette période exceptionnelle de crise sanitaire majeure. Il y a de plus grands enjeux, et en tant qu'étudiants en soins infirmiers, futurs professionnels, nous vous demandons de prendre en considération notre souffrance et appelons à votre compréhension et bienveillance.

Les candidats à l'admission en IFAS OU IFAP, ne passeront pas cette année l'entretien oral, seul le dossier sera pris en compte, crise sanitaire oblige

Les étudiants IBODE et IADE interpellent leurs tutelles

Du côté des étudiants déjà intégrés à leur cursus de formation, le mécontentement pointe, notamment chez ceux qui se préparent au métier d’Infirmier de bloc opératoire (IBODE). Certains d’entre eux auraient dû obtenir leur diplôme en mars 2020 mais les circonstances sanitaires et la Loi du 23 mars 2020 d’urgence pour faire face aÌ€ l’épidémie de COVID-19 en ont décidé autrement. Les principaux syndicats d’IBODE (ALEIBO, SNIBO, AEEIBO et UNAIBODE) ont ainsi écrit à Olivier Véran, Ministre des solidarités et de la santé et Katia Julienne, directrice de la DGOS pour les sensibiliser sur le traitement inégalitaire qui découle des dispositions prises par ce texte qui  … permet d’adapter les modalités de délivrance des diplômes de l’enseignement supérieur, y compris le baccalauréat, ainsi que celles relatives aux voies d’accès aux corps, cadres d’emplois, grades et emplois des agents publics. Ils demandent donc, pour tous les étudiants qui passeront avec succès leurs épreuves aÌ€ la sortie de la crise sanitaire, que leur soient octroyés le diplôme d’État IBODE avec effet rétroactif (mars 2020) afin de pallier cette situation inégalitaire.

Chez les étudiants IADE, c'est également la grogne et les syndicats ont également interpellé leurs tutelles. L'instruction relative aux aménagements des modalités de formation pour les étudiants en santé du 18 mars 2020 ne comporte pas de directives spécifiques concernant ces conditions qui sont inéquitables entre nos étudiants. Nous vous demandons de préciser d'autres modalités permettant de pallier cette situation en lien avec la formation IADE, le temps de la gestion de cette crise. Une interruption temporaire exceptionnelle de formation pourrait elle être envisagée pour l'ensemble des formationsIADE sur le territoire sans impact sur la dte de diplômation ?

Colère chez les étudiants puériculteurs et manipulateurs d'électroradiologie médicale

La grogne monte également chez les étudiants puériculteurs, qui regrettent et dénoncent leur situation dans les services de soins ainsi que les organisations très hétérogènes selon les instituts de formation et les établissements. Certains d’entre eux ont en effet choisi de réquisitionner les étudiants dans les établissements de santé sans convention/contrat alors que l’instruction du 18 mars 2020 rappelle qu’ils doivent être  … assimilés dans le cadre de ces réquisitions à des collaborateurs occasionnels du service public et indemnisés directement par la CNAM.  À défaut, il doit leur être proposé « … des vacations en soins infirmiers.  »  Et que dire des étudiants Manipulateurs d’ÈlectroRadiologie Médicale (MERM), qui ne sont même pas éligibles à ces dispositions, eux qui participent, en première ligne, au diagnostic du COVID-19, le scanner étant désormais l’examen le plus parlant et le plus rapide pour identifier les patients infectés ? Les responsables de l’Association Française du Personnel Paramédical d'Electroradiologie (AFPPE) ont eux aussi décidé de sensibiliser les autorités sur ce dysfonctionnement.

Alors oui, comme nous l’a confirmé Martine Sommelette, « ...cette période est très compliquée et chacun doit s’adapter du mieux qu’il peut, à tous les niveaux, pour optimiser le système de santé et protéger les personnels soignants, étudiants compris. »

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34

Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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