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DPC 2017 : les infirmiers particulièrement investis

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Créée en juillet 2016, l’Agence nationale du Développement Professionnel Continu (DPC) a publié son premier rapport d’activité au 11 juillet 2018. Des chiffres clés qui dressent un état des lieux des actions de formation après deux ans de fonctionnement de l’agence. Combien sont les professionnels à s’être inscrits aux actions de DPC, le nombre d’inscriptions est-il en augmentation ? Comment sont réparties ces inscriptions parmi les professions ? On fait le point sur ce qu’il faut retenir. 

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140 093 professionnels de santé se sont engagés dans le DPC en 2017, contre 126 935 en 2016, nous apprend ce premier rapport de l'Agence nationale du Développement Professionnel Continu qui souligne ainsi que leur nombre enregistre une hausse de plus de 10% par rapport à 2016, au même titre que le nombre d’inscriptions, également en augmentation de 8% (On compte ainsi 184 248 inscriptions sur l’année 2017 contre 170 659 en 2016).

Sur les 1,9 million de professionnels concernés par l’obligation de DPC, près de 600 000 se sont engagés en 2017 dans une ou plusieurs actions de DPC.

Les infirmiers et les médecins particulièrement investis

Parmi ces professionnels inscrits à au moins une action de DPC 2017, 98 % sont des libéraux (dont 30 % d’infirmiers, 33% de médecins et 14% de masseurs-kinésithérapeutes) et 2 % sont des salariés de centres de santé. Parmi les 2213 salariés de centre de santé conventionnés engagés, 51% sont des infirmiers, 25% des médecins et 19% des chirurgiens-dentistes. Au total, 36 657 professionnels de santé (26 % du total) se sont engagés pour la première fois en 2017. Chez les infirmiers, les inscrits de 2017 représentent environ 30 % des 42 123 professionnels inscrits à une action de DPC.
En 2017, les infirmiers sont, avec les médecins, les deux professions qui se sont le plus investies dans le DPC d’après les chiffres présentés (les deux professions représentant 60 % de l'effectif total engagé dans des actions de DPC). Au 31 décembre 2017, chaque professionnel de santé a suivi en moyenne 11h52 de DPC.
On apprend également que la part des actions visant à la fois les professionnels libéraux et les salariés est en hausse par rapport à 2016 (près de 69% en 2017 contre 63% en 2016). Pour certaines professions paramédicales, les actions publiées représentent plus de 30% de l’offre. C’est le cas pour les infirmiers (à 43%).

Les actions s’adressent majoritairement aux infirmiers (44%), aux médecins (42%), aux aides-soignants (27%) et aux masseurs-kinésithérapeutes (22%).

L’hypnose et les médecines naturelles écartées 

L’agence se félicite également dans son bilan du renforcement du contrôle de qualité de l’offre de formation. Ce contrôle porte sur les organismes mais aussi sur les actions dispensées. Sur 2 572 demandes d’enregistrement en qualité d’organisme de DPC, 506 dossiers se sont vus rejetés, soit 19,7% des demandes. Les actions relatives aux pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique les plus refusées ou désactivées ont été : l’hypnose à 28% (hors pratique médicale ou sous responsabilité médicale), les médecines naturelles (huiles essentielles aromathérapie, phytothérapie, fleurs de Bach…) dans 19% des cas, les méthodes énergétiques à 10% (réflexologie, acupression, relaxation…), l’art-thérapie ou la sociothérapie (art, musique, cuisine, danse, rire…) dans 5% des cas

Un contrôle de qualité qui explique en partie la baisse significative des programmes proposés en 2017 (moins 34% par rapport à 2016). Enfin, il est à noter que les actions proposées s’adressent majoritairement aux infirmiers (44%), aux médecins (42%), aux aides-soignants (27%) et aux masseurs-kinésithérapeutes (22%)

L’offre de DPC est à 40,5 % pluriprofessionnelle contre 59,5% d’actions mono-professionnelles toutes professions confondues, nous révèlent les chiffres publiés par l’agence. Sur les 6187 actions visant plusieurs professions, 14,6% visent à la fois les aides-soignants et les infirmiers et 5,2% les infirmiers et les médecins. L’interprofessionnalité est d’ailleurs l’un des défis à relever pour l’agence, qui souhaite ainsi accompagner la stratégie nationale de santé. Le dispositif de DPC doit soutenir pour le prochain triennal les enjeux de la Stratégie Nationale de Santé (prévention, promotion de la santé, pertinence, etc.) et les grands enjeux d’évolution des professions…, a ainsi souligné Michèle Lenoir-Salfati, Directrice Générale de l’Agence nationale du DPC.

Le DPC en appui d'une culture palliative qui doit se développer   

Dans un rapport publié en juin 2018, l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) constate que la loi LEONETTI-CLAEYS sur la fin de vie et plus généralement les soins palliatifs restent largement méconnus par le grand public et les professionnels de santé. La formation des professionnels de santé sur la problématique de la qualité des soins des patients en fin de vie est, dans ce contexte, un enjeu important. Quelques données, quelques constats, quelques paradoxes sur la fin de vie en France, avance ainsi Michèle Lenoir-Salfati, Directrice générale de l'Agence nationale du DPC dans une vidéo Grand Angle mise en ligne sur le site de l'Agence. Premier paradoxe : la médecine progresse, mais en même temps qu'elle progresse, elle prolonge la vie et créé aussi des situations de fin de vie complexes où des problématiques éthiques se posent tous les jours aux professionnels de santé. Deuxième constat : très largement, quand on interroge la population française, les gens souhaitent pouvoir être maîtres jusqu'au bout de leur vie et donc de leur fin de vie. Mais si des dispositions législatives le permettent, via les dispositions relatives aux directives anticipées, à peine 3% de la population française exprime son souhait en amont de sa prise en charge.

Le 8 juin dernier, l'Agence nationale du DPC a ainsi mis à la disposition de l’ensemble des organismes de DPC un guide DPC des soins palliatifs de recommandations développées par le Pr Régis Aubry, responsable du département Douleur Soins Palliatifs du CHU de Besançon, en collaboration avec des experts dans le cadre du Plan national soins palliatifs 2015-2018 pour encourager le développement d’une culture commune auprès de tous les publics professionnels concernés par la démarche palliative. Ce guide a pour vocation de sensibiliser et accompagner les organismes de DPC dans la réalisation des actions de DPC relatives aux soins palliatifs. Entre le 1er janvier 2017 et le 31 mars 2018, 847 actions de DPC relatives aux soins palliatifs et à l’accompagnement de la fin de vie ont été proposées par 295 organismes de DPC et publiées par l’Agence nationale du DPC sur son site. Elles sont majoritairement destinées aux infirmiers et aides-soignants salariés d’établissements de santé ou médico-sociaux.

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Journaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

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Commentaires (1)

binoute1

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521 commentaires

#1

et la marmotte....

quelle blague ce dpc.
Si l'employeur ne veut pas, ben t'iras pas.

Et puis sur le site , faut déjà trouver une formation, parce que sorti des soins ou pour les IDEL , y'a pas grand chose pour les scolaires, les hygiènistes, les infirmiers de prévention....