AU COEUR DU METIER

Etats généraux infirmiers : des propositions à 360°

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Des "Etats généraux infirmiers" se sont tenus le 1er octobre dernier, à Paris, à l'initiative de 34 organisations professionnelles. Le but : faire à nouveau entendre la voix de la profession, quasiment évincée du Ségur de la santé et peser ainsi sur le vote du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) en fin d'année. 25 mesures "concertées" et intéressant l'ensemble de la profession ressortent des débats.

Vers la poursuite du combat...

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Des Etats généraux infirmiers pour défendre d'une seule voix les compétences, le rôle et la place de la profession.

Pour mémoire et mieux comprendre la chronologie des événements, l'Ordre national des infirmiers (ONI) avait déjà initié, en juin dernier, les "Etats généraux de la profession infirmière" ; et ce, pour fédérer les différents collectifs infirmiers (associations et syndicats) et pour alimenter les débats du Ségur de la Santé auquel il participait avec la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (Fnesi).

A l'heure d'aujourd'hui, le constat demeure et les revendications, toujours les mêmes. Importance de la prévention primaire, élargissement de la prescription, promotion de la pratique avancée et de la recherche, réingénierie des formations, actualisation du décret d’actes et d’exercice infirmier de 2004… : autant de domaines sur lesquels ces nouveaux Etats généraux à l'initiative de 34 organisations professionnelles ont souhaité discuter en vue d'un "consensus" portant sur quatre orientations principales :

  • augmentation du niveau d’autonomie et de responsabilité ;
  • mise en place d’un système patient-centré et plus médico-centré ;
  • revalorisation des niveaux de rémunération sans contrepartie ;
  • amélioration des conditions de travail.

La colère est là : il faut arrêter de gâcher nos compétences et reconnaître que la profession est en capacité d’accompagner en première ligne le système de santé, assène Tatiana Henriot, Présidente de l’Union nationale des infirmiers en pratique avancée (UNIPA). Les doléances ne s’arrêtent pas là : le cœur du métier et les spécialités méritent d’être reconnus à leur juste valeur. C’est le cas, par exemple, de l’exercice en service de gérontologie, comme en témoigne Pascal Lambert, Coordonnateur du collectif des soignants de la Société française de gériatrie et de gérontologie (SFGG) ; celui, aussi, du domaine de la santé au travail, dont Nadine Rauch, Présidente du Groupement des infirmiers de santé au travail (GIT) est une figure. Et pour reconnaître les compétences, les voix sont unanimes : il faut une reconnaissance financière des expertises et des actes pratiqués au plus près des patients, et ce tout au long de l’année.

A fortiori depuis la crise du Covid-19, les citoyens défendent activement la profession infirmière. Inversement, les infirmiers mènent le combat pour une santé démocratique de qualité pour tous.

Une seule et même voix

Alors que la CFDT appelle le secteur social et médico-social à la grève le 13 octobre*, pas de présence de grosses centrales syndicales dans la salle : l’objectif est de défendre la profession infirmière, rappelle Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI), et non les salariés d’une structure hospitalière. En conséquence, seules des organisations infirmières participaient. Alors que 33 d’entre elles étaient attendues,
34 figuraient finalement à l’appel : début septembre, le Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (SNIIL) a rejoint le mouvement, caractérisé par  une démarche d’ouverture autour de revendications communes assure Thierry Amouroux, qui ajoute que les organisations présentes ont évolué dans une démarche de consensus.

L'épidémie de Covid, rappelons-le, a montré que les infirmiers sont un pilier indispensable du système de santé et que leur mobilisation a été totale. Il ressort pourtant des débats que leur voix reste inaudible auprès du pouvoir politique. Pire : la non-reconnaissance du Covid en tant que maladie professionnelle pour certains soignants, voire l’injonction de poursuite de l’activité malgré un test PCR positif s'indigne Thierry Amouroux, sont perçues comme inacceptables et allant à l’encontre de toute déontologie professionnelle.

Pour rendre le terrain audible et espérer peser sur le vote du PLFSS en décembre prochain, nous allons donner la parole à toute la profession et porter ensemble une seule et même voix pour le bien du patient affirme Rachid Digoy, Président du Collectif inter-blocs (CIB). Par ailleurs, il ne s’agit pas "de choisir" quelle proposition sera davantage défendue par rapport à telle autre. Les conclusions des débats le rappellent : "elles seront toutes portées avec le même degré d’importance devant les parlementaires, à Paris et localement".

Retrouvez la liste exhaustive des 25 mesures concrètes issues de ces Etats généraux infirmiers.

*Un appel à la grève à l'hôpital est lancé également le 15 octobre à l'appel de Cgt Sante Social, Sud Sante Sociaux,  l'AMUF, le SNPI ainsi que des collectifs Inter Urgences et CBlocs.

Directrice des rédactions paramédicales adjointeanne.perette-ficaja@gpsante.fr @aperette

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