IADE

Vers une extension des compétences des infirmiers anesthésistes...

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Compétences infirmières

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Un projet de décret prévoit d'ajouter aux compétences exclusives des infirmiers anesthésistes diplômés d'Etat (Iade) le transport de certains patients ainsi que des prises en charge de la douleur post-opératoire.

Infirmières anethésistes bloc

Le Syndicat national des infirmiers anesthésistes (Snia) salue sur son site "un texte se rapprochant de la réalité de la pratique quotidienne des Iade", fruit d'un "long et difficile travail de consensus".

Ce texte a reçu jeudi 27 octobre un avis largement favorable (24 voix pour et une abstention) du Haut conseil des professions paramédicales (HCPP), a rapporté le Syndicat national des infirmiers anesthésistes (Snia) sur son site internet. Il doit encore être présenté à l'Académie de médecine et au Conseil d'Etat.

Le projet de décret met à jour les dispositions du code de la santé publique concernant les compétences des Iade. Il précise d'abord qu'ils exercent sous le contrôle exclusif d'un anesthésiste-réanimateur. La condition selon laquelle ce médecin doit pouvoir intervenir à tout moment est maintenue, mais il doit aussi être présent sur le site où sont réalisés les actes d'anesthésie ou la surveillance post-interventionnelle, est-il désormais spécifié. L'Iade intervient après que le médecin a rédigé la stratégie anesthésique, qui comprend notamment le choix et les conditions de mise en oeuvre de la technique d'anesthésie ainsi que les objectifs à atteindre. La notion de stratégie anesthésique remplace celle de protocole.

Le projet de décret conserve la mention selon laquelle les transports sanitaires dans le cadre d'un Smur sont réalisés en priorité par l'Iade (au lieu d'un autre infirmier). Il est ajouté que dans le cadre des transports infirmiers interhospitaliers, l'Iade est le seul infirmier habilité à réaliser le transport des patients stables intubés, ventilés ou sédatés. De plus, le texte précise que l'Iade peut intervenir sur la prise en charge de la douleur post-opératoire en pratiquant des techniques d'anesthésie loco-régionale et [des] réinjections dans le cas où un dispositif a été mis en place par un médecin anesthésiste-réanimateur.

Une avancée, selon le Snia et l'Ufmict-CGT

Le Snia salue sur son site un texte se rapprochant de la réalité de la pratique quotidienne des Iade, fruit d'un long et difficile travail de consensus. Des travaux associant les Iade, les médecins anesthésistes, les urgentistes et le ministère des affaires sociales et de la santé ont eu lieu ces derniers mois. Pour le syndicat, le projet de décret n'apporte pas de révolution mais une exclusivité d'exercice renforcée ainsi qu' une autonomie médicalement supervisée plus explicite avec des changements sémantiques de grande importance. C'est le mieux que nous ayons pu obtenir,commente-t-il. L'Ufmict-CGT décrit elle aussi une véritable avancée et un rapprochement de l"exercice professionnel réel de terrain pratiqué par les Iade depuis toujours, dans une déclaration au HCPP.

L'introduction de la stratégie anesthésique à la place du protocole revient à supprim[er] la théorique et irréaliste validation préalable par le médecin de tout geste réalisé par l'Iade nécessaire à sa conduite de l'anesthésie, commente le syndicat. S'agissant de la lutte contre la douleur, son optimisation pourra être obtenue par la sortie des Iade des murs des blocs opératoires afin d'assurer un suivi spécifique dans les services d'hospitalisation, ajoute l'Ufmict-CGT. En ce domaine, elle juge en revanche que le texte est trop restrictif et devrait aussi prévoir l'utilisation par l'Iade de méthodes particulièrement efficaces et non invasives en fort développement comme les techniques dites intégratives, domaine que les infirmier.e.s et tout particulièrement les Iade ont investi en pionniers.

Au sujet du transfert des patients stables intubés, ventilés ou sédatés, il estime que l'exclusivité confiée aux Iade est synonyme d' une meilleure prise en charge, d'une meilleure utilisation du temps médical et d'économies pour le système de santé. Pour autant il manque un volet essentiel pour que le tableau soit complet et satisfaisant pour la profession : la reconnaissance statutaire et financière, avertit le syndicat, qui indique que des négociations sont en cours avec le ministère.

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