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Françoise, héroïne de "La vie des gens", raconte...

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Alors que le film "La vie des gens" est annoncé en salle le mercredi 4 mars, Françoise, l'infirmière libérale lyonnaise qui l'illumine nous livre, à sa façon et avec du coeur, quelques réflexions à ce propos et bien au-delà... La bande-annonce fait déjà un carton ! Françoise est "presque célèbre" sur Canal+, France 2 lui a consacré un très joli sujet dans l'un de ses derniers JT du soir et Le Journal de la Santé du 27 février l'invitait en compagnie d'Olivier Ducray, réalisateur du film...

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Françoise Lainé Mermet Maréchal, infirmière libérale lyonnaise, une très belle personne et pas du tout un personnage, "presque célèbre" au Grand Journal de Canal+.

Françoise Lainé Mermet Maréchal a rencontré Olivier Ducray, réalisateur du film "La vie des gens" en cherchant avec lui un appartement pour le tournage de son court métrage "Champagne". Olivier m’a accompagné dans l’une de mes tournées, on a vu toutes sortes de personnes, j’arrivais avec lui à l’improviste, mais les personnes âgées avaient un peu peur. Vous vous rendez compte : vingt personnes qui viennent chez vous pour faire un film !

L'appartement de tournage n'a pas été trouvé mais Olivier a dit ceci à Françoise : je n’ai pas trouvé l’appartement mais je reviens en 2013 et je fais un documentaire sur vous. Vous seriez d’accord ? Ce à quoi Françoise a répondu oui sans hésiter.

"Notre métier risque de disparaître..."

Françoise est enthousiaste et elle le clame : C’était formidable comme idée et le n’arrête pas dire à Olivier que c’est un magnifique cadeau qu’il a fait à tous ces gens, et à moi aussi, je vais avoir 60 ans au printemps 2015 ! Et puis comme ça il va rester une trace des infirmières libérales. Notre métier risque en effet de disparaître. On coûte trop cher parait-il. On sera peut-être remplacées par des plateformes de soin qui feront sans doute gagner du temps, mais on va perdre beaucoup de l’humain, et l’humain c’est l’essentiel. Mais c’est ce qui se voit le moins. L’autre motivation c’est de parler du maintien à domicile. Il y a beaucoup de personnes âgées qui ne rêvent que d’une chose : pouvoir vivre jusqu’au bout chez elles et d’y mourir. Rester chez soi c’est garder son identité. C’est à ça qu’on les aide aussi et ça n’a pas de prix !

Françoise est particulièrement touchée de soigner des personnes âgées, ces aînés que l'on délaisse maintenant trop souvent, oubliant qu'ils ont eu une vie ; une vie riche de mille et une expériences à partager. Les personnes âgées sont en effet des personnes avant tout et des personnes intéressantes. Moi je me délecte avec elles, j’adore. Bien sûr, les personnes âgées sont amenées à nous quitter, elles le savent, c’est dans l’ordre des choses, il n’y a rien de triste à cela. De fait, je fais tout pour qu’elles partent en douceur. J’aime ces gens qui ont tous leur personnalité et chez eux, ils ne sont pas vieux !

On sera peut-être remplacées par des plateformes de soin qui feront sans doute gagner du temps, mais on va perdre beaucoup de l’humain, et l’humain c’est l’essentiel. Mais c’est ce qui se voit le moins.

Une projection du film lors des JNIL 2015 !

Olivier DucrayLe film "La vie des gens" sera projeté en présence de Françoise et d'Olivier Ducray le jeudi 9 avril prochain en fin de journée lors de la 2e édition des Journées nationales des infirmiers libéraux (JNIL) au PACI d'Issy-les-Moulineaux. Cela sera, bien sûr, un événement pour tous ceux qui, comme infirmiers.com, suivent et encouragent cette belle aventure cinématographique ! Venez rencontrer Françoise, échanger avec elle en vous inscrivant aux JNIL 2015 ! La projection sera suivie d'un cocktail.

"Et si on n'était pas là..."

Françoise porte également un regard particulièrement avisé sur l’isolement des personnes âgées. Maintenant, les gens vivent plus longtemps, c’est donc plus long et plus dur. Beaucoup ne voient personne ou alors rarement. La famille n’a jamais vraiment le temps, parfois il y a des brouilles, c’est terrible. Je sais qu’Olivier était très intrigué de ce qu’il se passait une fois que la porte se refermait derrière moi. C’est vrai que très souvent la personne ne verra personne d’autre jusqu’au lendemain ou au surlendemain. Françoise considère qu'elle a beaucoup de chance de tisser des liens privilégiés avec ses patients âgés, tant au niveau du corps que de l'esprit. Les gens ne savent pas ce qu’ils ratent lorsqu’ils oublient leurs aînés. Et ils le regrettent toujours après. J’ai en tête une patiente «coquette » qui se parfume et se fait couper les cheveux toutes les semaines mais qui parfois ne mange pas à sa faim. Je le sais en m’occupant d’elle, dans la durée. Ces personnes sont vraies avec moi, elles m’avouent des choses qu’elles ne diront pas à leur famille, surtout des histoires d’amour. Si on n’était pas là, je ne sais pas à qui elles raconteraient tout ça.

Crédit Olivier Ducray

Quelle que soit la méthode, quand on fait ce métier c’est qu’on aime les gens. Le métier déborde humainement, quel que soit l’âge du patient.

La plupart des gens, surtout les âgés, ont besoin de plus qu’un soin...

Françoise défend une certaine idée de son travail, même si elle ne colle pas tout à fait aux standards actuels qui seraient requis. Elle l'affirme sans ciller : Moi je suis de la vieille école ! J’ai démarré en 79. C’est sûr que par rapport à la jeune génération je suis très différente, j’ai pris pleins de mauvaises habitudes... Par exemple je ne mets pas de gants pour les toilettes. Je trouve que le contact réel est un « plus » pour eux et moi, je préfère. Je me lave les mains avant et après, ça suffit. J’ai ma manière de travailler, les gens dépendent parfois de mes horaires, mais ça n’a pas l’air de trop déplaire. On me rappelle, c’est bon signe ! Quelle que soit la méthode, quand on fait ce métier c’est qu’on aime les gens. Le métier déborde humainement, quel que soit l’âge du patient. La plupart des gens, surtout les âgés, ont besoin de plus qu’un soin. Et de conclure : vous savez quelle est la première question que m’ont posée les patients lorsque je leur ai dit que j’avais vu le film avec du public ? Est-ce qu’ils nous ont aimés ? Un "nous" très révélateur d'une chose et Françoise le souligne : les personnes âgées ont besoin d’être aimées.

La bande-annonce du film est accessible sur le site d'allociné, n'hésitez pas à la visionner, à la commenter... et à la partager !

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Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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