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Des infirmiers libéraux de première ligne pour répondre aux déserts médicaux

Déployer dans les territoires des infirmiers libéraux de première ligne : c'est la proposition que formule la Fédération Nationale des Infirmiers pour améliorer l'accès aux soins non programmés dans les zones sous dotées en médecins.

Passer l’été, et après ? Alors que l’état de l’hôpital, et en particulier des urgences, inquiète l’ensemble des professionnels de santé à l’approche de la période estivale, considérée comme très à risque, poussant le gouvernement à annoncer des mesures rapides, il faut aussi repenser plus largement l’organisation des soins sur le territoire de manière pérenne. Car les déserts médicaux menacent de s’aggraver dans les prochaines années. Pour la Fédération Nationale des Infirmiers (FNI), la réponse à apporter réside notamment dans le recours aux infirmiers libéraux en première ligne.

Des infirmiers de première ligne pour limiter le recours aux urgences

Le manque des soignants dans les hôpitaux le manque de médecins en ville mettent en danger l’accès aux soins vitaux et non vitaux, rappelle-t-elle en introduction dans un communiqué. Or, la profession infirmière, par son effectif – 750 000 professionnels, dont 135 000 en ville, estime-t-elle – pourrait jouer un rôle plus opérationnel en première ligne. Concrètement, la FNI propose de mobiliser une équipe constituée d’une infirmière volontaire, d’un ambulancier et/ou d’une aide-soignante qui se chargerait des soins non programmés et des petites urgences sur des bassins de population bien définis (10 000 habitants). L’infirmière serait déclenchée sur appel du SAMU, d’une plateforme de régulation libérale, ou d’une structure de coordination comme les services d’accès aux soins (SAS) et des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), précise-t-elle, et serait équipée d’un smartphone lui permettant d’échanger avec les médecins référents ou spécialistes, et les urgentistes. Elle pourrait ainsi traiter « trois cas sur quatre », prendrait en charge les petites blessures, telles que brûlures ou entorses, et pathologies courantes, et limiterait ainsi le recours aux urgences.

1 solution qui présente plusieurs avantages

Une telle organisation s’accompagnerait d’une formation pour les infirmiers libéraux, ou d’une valorisation des acquis pour les professionnels en exercice depuis au moins 5 ans. En plus d’exister déjà et d’être très efficace chez les sapeurs-pompiers, cette solution serait en outre très supportable pour les finances publiques et ne coûterait pas plus de 18 centimes par jour par habitant des bassins de vie où elle serait déployée, juge la fédération. La FNI n’est pas la première à proposer de recourir aux infirmiers pour pallier le manque de médecins sur les territoires ; la semaine dernière déjà, le SNIIL appelait à s’appuyer sur ces professionnels pour désengorger les urgences.

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