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Élection présidentielle 2017 : les étudiants font leurs propositions

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Présidentielles

La Fédération Nationale des Étudiants en Soins Infirmiers (FNESI) a révélé, à quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle, ses propositions pour assurer le futur des ESI et l'avenir de la profession infirmière. Elle prône notamment l'intégration universitaire de l'intégralité de la formation et l'accès pour tous aux études de soins infirmiers. Explications

Groupe d'étude

Élection présidentielle 2017 : les étudiants en soins infirmiers ont eux aussi leur mot à dire.

Durant une dizaine de jours, la Fédération Nationale des Étudiants en Soins Infirmiers (FNESI) a dévoilé une à une ses propositions à l'attention des candidats à l'élection présidentielle 2017 au travers de la campagne #AssuronsNotreFutur. En tête de ses suggestions figure l'intégration pleine et entière de la formation en soins infirmiers à l'université. Comme le rappelle l'organisation étudiante, actuellement, les ESI ne bénéficient pas pleinement des dispositifs ou installations telles que les technologies numériques ou les laboratoires de simulation. De plus, ils ne sont que rarement au contact des autres étudiants en santé, ce qui est une barrière supplémentaire à l'interprofessionnalité. Il s'agit également de favoriser les passerelles entre les formations pour avoir la possibilité de bénéficier d'ne réorientation adaptée. Par ailleurs, les ESI ne disposent pas d'un accès à l'ensemble des services universitaires tels que le SUAPS (sport), les SUMPP/CSU (santé), la BU ou encore le SUIO (orientation), une inégalité contre laquelle s'insurge la FNESI depuis de nombreuses années. D'autant qu'en matière de droits, il existe aussi de nombreuses disparités (logement, restauration, aides financières, régimes spéciaux d'étude et année de césure) entre ESI et étudiants universitaires que dénonce l'organisation étudiante.

Autre proposition phare de la FNESI : permettre l'accès pour tous à la formation en soins infirmiers. Elle souhaite en effet que le concours de sélection, source de précarisation et de sélection sociale, soit supprimé. La FNESI pointe notamment du doigt le fait que les candidats sont souvent amenés à postuler dans différents établissements pour optimiser leurs chances et doivent ainsi s'acquitter de nombreux frais. Elle propose d'améliorer l'orientation des futurs étudiants et de développer l'outil admission post-bac pour l'entrée en institut de formation en soins infirmiers. Cela permettrait de tenir compte du parcours global du candidat et de son lieu d'habitation. La FNESI estime que cette modification de la sélection n'aura pas d'impact sur le nombre de places dans les IFSI, ceux-ci ne sont pas autorisés à accepter plus de places que prévues.

À l'instar de l'Ordre des infirmiers, la FNESI milite pour qu'une véritable filière en sciences infirmières soit créée et pour que le le rôle de l'infirmier de pratique avancée (IPA) soit reconnu. Elle déplore qu'actuellement, hormis les spécialisations, les infirmiers disposent d'un choix de formation universitaire très restreint à la suite de leur trois années d'études. Il n'existe pas ou peu de domaines de recherche en sciences infirmière en formation master ou doctorat, comme cela existe au Canada ou dans d'autres pays européens, souligne-t-elle. Un cursus complet permettrait pourtant d'optimiser la qualité des soins et témoignerait de la reconnaissance de l'expertise de l'infirmier dans ses compétences. Pour que la profession infirmière évolue, la FNESI propose que le décret d'actes soit supprimé et qu'un référentiel de compétence professionnel soit créé. Concrètement, un décret de compétences serait complété par un arrêté détaillant les actes. Un décret doit passer par le Conseil d'État. De même, ce sont des démarches laborieuses pour le modifier et l'adapter aux nouvelles pratiques ou aux nouvelles technologies. Un décret de compétence et un arrêté détaillant les actes seraient plus simples à faire évoluer, estime la FNESI.

Pour l'organisation étudiante, il est également nécessaire d'instaurer un réel processus démocratique dans les IFSI en réformant leur gouvernance. À ce jour, et malgré la mise en place de groupes de travail depuis 2014, aucune conclusion n'a été apportée et les élus étudiants n'ont toujours qu'une voix consultative au sein des différents conseils régissant les IFSI, signale la FNESI. Elle attend donc bien plus que des promesses pour que les étudiants soient enfin placés au centre de leur formation.

En matière de stage, la FNESI milite pour que les stagiaires soient mieux intégrés et encadrés. Pour ce faire, elle juge qu'il faut investir dans la politique d'encadrement et valoriser le statut de tuteur de stage en lui allouant un temps dédié auprès des étudiants ainsi qu'une revalorisation salariale.

Enfin, la fédération étudiante propose que le temps d'obligation d'exercice avant l'installation en libéral soit supprimé. Cette obligation d'exercice, présente uniquement chez les infirmiers, n'a pas de réelle justification en dehors d'une logique d'acquisition d'expérience. L'expérience, propre à chaque individu, ne devrait pas avoir sa place dans le cadre de l'exercice d'une profession, juge la FNESI. Il est important de préciser que seule une formation peut attester de l'acquisition de compétences et que l'expérience, bien qu'étant un atout, ne certifie en rien leur acquisition.

Au travers de ses propositions, la FNESI entend bien assurer le futur des étudiants en soins infirmiers mais aussi des professionnels en exercice. Rappelons que l'on dénombre plus de 600 000 professionnels en exercice et 90 000 étudiants, et donc autant d'électeurs, d'où l'intérêt pour les candidats de se pencher sérieusement sur les propositions de l'ensemble de la profession infirmière.

L'avenir de la profession infirmière en 10 propositions

  1. Intégration universitaire pleine et entière de la formation en soins infirmiers.
  2. Permettre l'accès pour tous à la formation en soins infirmiers.
  3. Poursuivre des études pour les étudiants en soins infirmiers.
  4. Permettre l'égalité entre tous les étudiants.
  5. Prendre en compte les particularités de chaque étudiant.
  6. Instaurer un réel processus démocratique dans les IFSI.
  7. Créer une nouvelle forme d'exercice infirmier.
  8. Qualité de formation en stage.
  9. Permettre l'évolution de la profession infirmière.
  10. Permettre une liberté d'installation pour les nouveaux diplômés.
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Aurélie TRENTESSEJournaliste Infirmiers.comaurelie.trentesse@infirmiers.com @ATrentesse

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