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Améliorer la confiance vaccinale oui, mais sans oublier les infirmiers !

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ONI

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Suite aux propos d'Agnès Buzyn qui se dit plutôt favorable à une extension de la vaccination contre la grippe par les pharmaciens, l'ordre national des infirmiers rappelle que pour améliorer la couverture vaccinale et rétablir la confiance, il faut s’appuyer sur des professionnels de santé compétents et bien formés. Le profil parfait des infirmiers, non ?

Vaccin grippe

Au quotidien, outre le geste vaccinal réalisé par un professionnel compétent, l’infirmier prend le temps d’informer, de dialoguer et de convaincre pour améliorer la couverture vaccinale.

Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, l'a déclaré ce matin sur RTL. Elle se dit plutôt favorable à une extension de la vaccination contre la grippe par des pharmaciens, actuellement expérimentée dans deux régions sur certaines populations. J'attends le bilan de cette expérimentation. Il faut vérifier qu'il n'y a pas eu de dysfonctionnements ou de problèmes. En fonction du bilan, nous réfléchirons à une extension. Rappelons que sur cette question, la communauté infirmière, notamment les infirmiers libéraux, se sent particulièrement ignorée, voire flouée sur leur champ de compétences... Heureusement, Agnès Buzyn a rajouté :j'attends le bilan et je verrai avec les pharmaciens, avec les médecins, et aussi avec les infirmières qui sont impactées par cette mesure, comment nous nous organisons pour qu'il n'y ait pas une profession qui puisse se sentir malmenée par cette extension.

Les infirmiers sont un vecteur idéal pour éduquer la population et vaincre l’hésitation vaccinale

L’Ordre national des infirmiers a tenu rapidement à s'exprimer par communiqué de presse, rappelant qu'il s’est toujours montré concerné par l’enjeu de santé publique que constitue l’extension de la couverture vaccinale en France. Il a donc souligné le rôle que jouent aujourd’hui les infirmiers en termes de vaccination, et d’autre part, les perspectives qu’offrirait une extension du champs de compétences des infirmiers ; une extension vivement souhaitée par Patrick Chamboredon, nouveau Président de l'ONI, et exprimée lors de ses voeux à la profession. En France, la couverture vaccinale pose problème et la défiance à l’égard de la vaccination est grande. Moins de la moitié des Français de plus de 65 ans sont vaccinés contre la grippe. Une couverture en baisse constante et très en deçà de l’objectif de 75% dans les populations à risque. Chaque année, les infirmiers libéraux qui exercent sur le territoire vaccinent plus de 1,2 million de personnes. Et c’est sans compter les milliers d’infirmiers salariés qui vaccinent aussi. Au quotidien, outre le geste vaccinal réalisé par un professionnel compétent, l’infirmier prend le temps d’informer, de dialoguer et de convaincre pour améliorer la couverture vaccinale.

L'ONI rappelle que depuis 2008, les infirmiers peuvent vacciner contre la grippe sans prescription médicale préalable ; une mesure limitée aux personnes âgées de plus de 65 ans et aux personnes atteintes de certaines pathologies chroniques. L’Ordre des infirmiers demande en effet l’élargissement de la vaccination antigrippale à tous les adultes ainsi que l’élargissement à d’autres vaccins (contre le ROR, le DT polio, la coqueluche, l’hépatite B, le papillomavirus humain, le méningocoque C ou encore la varicelle). Alors s'interroge Patrick Chamboredon, pourquoi brider artificiellement notre profession, parfaitement formée pour exercer cet acte de soin ?. Et de conclure, l’élargissement de la couverture vaccinale est un sujet trop important qui mérite de dépasser les logiques corporatistes. Les infirmiers sont un vecteur idéal pour éduquer la population et vaincre l’hésitation vaccinale. Une démonstration sans appel !

Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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Commentaires (1)

ajenguiaziz

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6 commentaires

#1

les infirmiers ont la nécessité de promouvoir les intérets de la vaccination

bonjour

Je suis infirmier.

Je pense que les infirmiers ont les compétences requises pour réaliser la vaccination antigrippale mais également de promouvoir son intérêt collectif.

Le souci est qu'il y a aussi de nombreux professionnels paramédicaux (ide, as, ...) qui refusent de se vacciner et qui l'expriment clairement. Or ce refus est peu bénéfique pour les patients qui deviennent suspicieux, méfiants et inquiets...

Dans ce cas il n'y a pas d'autres choix en terme de santé publique que de confier la vaccination aux pharmaciens qui, reconnaissons le, permettront d'augmenter la couverture vaccinale et donc de sauver des vies.

Je pense qu'il est aussi utile de préciser que les soignants (et aussi les familles) qui refusent de se vacciner sont parfois responsable de la contamination de patients fragiles (surtout en ehpad).

Ensuite, our protéger les personnes fragiles, je pense qu'il est aussi important de rappeler que ce sont souvent des adultes en bonne santé qui transmettent aux personnes fragiles la grippe.

Dans ce cas, il pourrait être utile de rendre la vaccination gratuite pour tous ceux qui le souhaitent(même non atteintes de pathologies chroniques) et permettre de simplifier l'accès aux infirmiers libéraux pour tous.

Bonne journée